À la cueillette des médicaments de demain

Quand des mycologues venus d’horizons très différents allient leurs compétences pour découvrir les médicaments du futur : récit d’une aventure collaborative menée au Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive (CEFE).

Rechercher des médicaments dérivés de champignons pour traiter les maladies neurodégénératives : c’est la quête qui réunit au sein du CEFE Sylvie Rapior et Franck Richard (Université de Montpellier) ainsi que Jean-Michel Bellanger (Inserm). Trois mycologues aux profils radicalement différents…

« Écosystème de mycologues »

« La mycologie, c’est une infinie diversité de métiers, explique Sylvie Rapior. Nous formons un écosystème de mycologues ! » s’amuse-t-elle…

Au départ du process, il y a Sylvie et son équipe de chimistes. À eux d’opérer une extraction à partir des champignons sélectionnés : c’est ce cocktail de molécules que l’on va tester sur des organismes vivants.

C’est ici que Jean-Michel Bellanger prend le relais. Passionné de mycologie, ce généticien biologiste a eu l’idée de tester ces molécules sur des nématodes (C. elegans). Ce petit ver transparent d’à peine un millimètre de long est un organisme modèle souvent utilisé en biologie moléculaire. « Il permet de reproduire les signes caractéristiques de la maladie de Parkinson. Et donc d’identifier la présence éventuelle de molécules neuroprotectrices, susceptibles de soigner cette maladie ».

Collaborations ouvertes

Il ne reste plus qu’à se tourner vers un écologue : ce spécialiste des communautés de champignons, de leur évolution et de leur interaction avec leur milieu. « Franck Richard apporte une compréhension globale qui permet notamment d’identifier les zones où l’on aura une chance de trouver telle ou telle espèce » dit Sylvie Rapior. Mais aussi d’éclairer les liens entre la concentration de molécules actives et l’environnement naturel, « deux paramètres intrinsèquement liés, car la chimie joue un rôle clef dans l’insertion d’un champignon sur sa niche écologique » éclaire Jean-Michel Bellanger.

Si la coopération fonctionne parfaitement entre ces différents spécialistes, eux-mêmes aspirent aujourd’hui à se tourner vers des collaborations plus ouvertes. Prochain horizon ? L’ethnomycologie, où des spécialistes en sciences humaines pourront proposer de nouvelles pistes de recherche. Mais aussi le développement de réseaux de plus en plus actifs avec les mycologues amateurs.

« La rencontre entre amateurs éclairés et labos compétents, c’est la garantie d’obtenir des données correctes. Nous souhaitons bénéficier des apports de ces excellents observateurs, mais aussi les aider concrètement : par exemple en leur apportant la puissance des outils de la biologie moléculaire » conclut Franck Richard.

36e édition du salon champignons et plantes d’automne

Les 24 et 25 octobre à la faculté de pharmacie de Montpellier : un salon organisé par la Société d’horticulture et d’histoire naturelle de l’Hérault. Au programme notamment : les principaux champignons utilisés dans les compléments alimentaires : présentation, utilisation et précautions d’emploi.

2017-03-24T13:43:20+00:00 mardi 6 octobre 2015|Recherche|