COFFEE pour les jeunes diplômés algériens

Permettre aux jeunes diplômés algériens de trouver un emploi : c’est l’objectif du tout nouveau projet COFFEE porté par l’Université de Montpellier. Un véritable enjeu de société dans ce pays où les jeunes sont fortement touchés par le chômage.

Le chômage des jeunes est l’un des principaux problèmes sociaux en Algérie. Des jeunes que leurs diplômes ne mettent malheureusement pas à l’abri : ce sont en effet près de 16% de jeunes diplômés algériens qui se trouvent actuellement sans emploi*. Parmi les causes évoquées : des formations universitaires qui ne correspondent pas à la réalité du marché de l’emploi.

Peu d’emplois pour les jeunes diplômés

Un système éducatif qui ne répond pas aux besoins de l’entreprise ? Pas étonnant, ces deux univers restent encore très largement étrangers l’un à l’autre. « Dans le système universitaire algérien, seulement 5% des formations se disent professionnalisantes. Reste à savoir si elles le sont réellement » questionne Nadjib Kazi Aoual, responsable du projet COFFEE (pour « Co-construction d’une Offre de Formation à Finalité d’Employabilité Elevée »).

Problème en effet : il n’existe pas de méthodologie pour construire des formations réellement professionnalisantes. Résultat : un nombre grandissant de jeunes diplômés frais émoulus de l’université qui se retrouvent sans emploi. Une situation à laquelle le projet COFFEE entend bien proposer des solutions.

« L’après-indépendance a connu un baby-boom d’entreprises qui se sont structurées autour du noyau familial. Pour ces nombreuses PME et TPE, l’heure est aujourd’hui au passage de relais. Leurs créateurs partent à la retraite, l’enjeu est de les remplacer par des cadres moyens formés et opérationnels« . Des professionnels qui restent denrée rare. Ainsi, le système éducatif algérien forme peu de cadres moyens (bac+3), une catégorie pourtant très structurante pour l’économie.

Former des professionnels

A leur place, ce sont souvent jeunes diplômés à bac +5 ou bac + 8 qui sont embauchés. Ce qui ne fait pas l’affaire des patrons. « Les connaissances théoriques peuvent être bonnes, mais ces jeunes, qui sont surdiplômés, ne sont pas pour autant opérationnels. Pour un chef d’entreprise, il faut compter entre une et trois années avant de rentabiliser une embauche ».

Dans ce cadre, l’ambition du projet COFFEE est simple : « il s’agit de permettre aux universitaires et aux professionnels de se rencontrer pour construire ensemble des licences professionnalisantes » résume Nadjib Kazi Aoual. Chef d’entreprises, chambres de commerce, acteurs économiques, universités et ministères des deux côtés de la Méditerranée se sont donc penchés ensemble sur le berceau de COFFEE. L’enjeu : imaginer des cursus de formation qui répondent aux besoins concrets de la société algérienne.

A l’arrivée, le projet débouchera dans 3 ans sur la création de 18 licences professionnalisantes. Aux universités algériennes de s’emparer de ces modèles ; à elles aussi d’imaginer, avec leurs partenaires du monde socio-économique, d’autres formations à venir. Car l’idée est aussi d’impulser un changement profond, en suscitant chez les industriels et les universitaires l’habitude de travailler ensemble.

* Source : ministère algérien du Travail et de la Sécurité social

2017-03-24T11:35:48+00:00 lundi 7 décembre 2015|International|