De l’innovation dans le bouchon

Dans le vin, on innove ! Les fabricants de bouchon proposent des petites révolutions pour améliorer sans cesse la qualité du nectar des dieux…

C’est un breuvage millénaire, et pourtant il se réinvente sans cesse. « Le vin a une image très traditionnelle, mais c’est un secteur dans lequel il y a beaucoup d’innovation », explique le directeur du centre de formation et recherche en œnologie de Montpellier. Même le petit bouchon fait le plein d’innovation. Cédric Saucier a réuni les plus grands spécialistes du secteur à l’Université de Montpellier pour présenter les dernières nouveautés.

Réunion au sommet pour le bouchon

La star incontestée du bouchon, c’est le liège. « Il est hermétique, élastique, c’est un matériau naturel et renouvelable, il peut durer jusqu’à 70 ans  », explique Cédric Saucier. Il orne les bouteilles des plus grands vins depuis son invention il y a 150 ans « par tradition mais aussi par nécessité, c’est un matériau qui a fait ses preuves pour les vins de garde ». Le liège permet en effet au vin de « respirer », laissant passer l’infime quantité d’oxygène nécessaire pour éviter l’apparition de défauts dans le vin.

Seul problème du liège : il peut donner au vin le fameux goût de bouchon. « 3 à 7 % des bouchons sont incriminés, ce qui représente un grand nombre de bouteilles », détaille Cédric Saucier. Responsable de ce désagréable phénomène : le trichloroanisole, TCA pour les intimes, une molécule fabriquée par des champignons nichés dans le liège.

Si ce défaut ne décourage pas les consommateurs français – les trois quart des bouteilles vendues dans l’Hexagone ont un bouchon en liège – il est franchement rédhibitoire dans de nombreux pays qui ont opté pour d’autres matières : le plastique, le verre ou le métal. « La capsule à vis métallique orne une bouteille sur 4 dans le monde et a conquis 80 % du marché australien : zéro risque de contamination, pas besoin de tire-bouchon, et une bouteille refermable », explique le spécialiste.

Sniffer les bouchons

Le bouchon en liège risque-t-il de disparaître au profit du métal, victime de son goût de bouchon ? Peu probable estime Cédric Saucier. « D’autant plus que ce défaut appartiendra peut-être bientôt au passé : les professionnels de la filière sont en train de tester un prototype qui permettrait de détecter les bouchons contaminés en les « sniffant » un par un, une révolution en perspective ! », se réjouit le spécialiste qui envisage la mise sur le marché de cette technologie d’ici 1 à 2 ans. « Si on élimine le risque de goût de bouchon, le liège n’a plus aucun défaut ! ».

Aucun défaut… mais vous devez toujours avoir un tire-bouchon sous la main pour déguster le breuvage. « Pas nécessairement ! Là aussi les bouchonniers innovent, l’un d’entre eux a mis au point un bouchon en liège qui se dévisse et se revisse à la main ». Un petit morceau de liège qui réconcilie tradition et innovation.

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