Le cerveau nourri au lien

De quoi se nourrit le cerveau humain ? De lien social, répondent les psychiatres. La relation à l’autre est le carburant de notre développement. L’homme, animal social ? On le savait depuis longtemps. On ignorait peut-être à quel point…

Si Amaria Baghdadli observe le cerveau, c’est indirectement, dit-elle : en s’intéressant « aux comportements, aux trajectoires des individus ». Un regard extérieur qui ouvre une très instructive fenêtre sur ce turbulent organe, dont une caractéristique majeure est d’être en perpétuel développement.

Que serais-je sans l’autre ?

Ce développement ne se fait pas tout seul, mais dans une interaction sociale qui s’avère d’emblée vitale. Côté cerveau, les derniers mois de la grossesse constituent un chantier majeur : c’est le moment où les neurones du bébé se mettent en place pour former le cortex. « A la naissance, tout est déjà précâblé. Ce qui est présent déjà, c’est une compétence communicationnelle complexe. Le bébé est prêt à parler, à penser. Mais avant tout à interagir » précise la psychiatre.

Des compétences qui restent pourtant à développer. Comment ? « Par l’expérimentation active, celle des interactions notamment ». La communication s’avère ainsi une condition sine qua non du développement : sans elle, le petit humain ne se construit pas. Pour s’accomplir, les promesses génétiques ont besoin de ce nutriment : le lien social…

Que serais-je sans l’autre ? « Je ne crois pas que la conscience de soi puisse exister sans la conscience des autres » affirme Amaria Baghdadli. La capacité d’empathie serait ainsi l’un des principaux éléments constitutifs de l’être humain. « C’est reconnaître qu’autrui me ressemble. Et simultanément ne pas le confondre avec moi-même : je me sais semblable et différent ».

Le lien vous manque et tout est dépeuplé

La « motivation sociale », cette pulsion qui nous pousse à interagir avec les autres, est ainsi un élément-clef du développement. Une compétence qui paraît dès la première année de l’enfant. Et qui manque aux enfants autistes. Or, sans elle, pas de développement correct. C’est toute votre autonomie sociale qui peut alors être touchée. Un handicap grave, qui se traduit par les plus grandes difficultés à mettre en œuvre les codes et conventions sociales, à comprendre votre entourage, à vous exprimer, à trouver votre place dans la société…

Le cerveau ne cesse jamais de se développer. De même, notre dépendance à l’autre nous accompagne tout au long de l’existence. Un bébé qui souffre d’un manque d’attention risque de développer des troubles graves. A l’autre bout de la vie, rien n’a changé. « La vieillesse n’est qu’une autre étape du développement. Parmi les facteurs qui déterminent la fragilité de la personne âgée, les relations humaines sont très importantes. On a besoin toute sa vie d’échanges sociaux : c’est un facteur clef de protection de l’individu face à toutes les situations difficiles ».

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