L’actualité d’avril c’est également le succès d’Andréa Tommasi, directrice de recherche au laboratoire Géosciences de l’Université de Montpellier, lauréate d’une bourse du Conseil européen de la recherche pour son projet RhEoVOLUTION.

Un bon début d’année pour cette spécialiste de la déformation terrestre, aussi distinguée en 2020 par la médaille d’argent du CNRS.

Ils étaient presque deux mille dans toute l’Europe sur la ligne de départ, mais seuls 185 lauréats se sont vus octroyer une bourse du Conseil européen de la recherche (ERC). Réservée aux chercheurs confirmés, la bourse « Advanced Grant » d’un montant de 2,5 millions d’euros permet de financer un projet de recherche innovant et original sur une durée de cinq ans. « Je prépare ce projet depuis deux ans, explique Andrea Tommasi, directrice de recherche dans l’équipe « Manteau et interfaces » au laboratoire Géosciences de Montpellier. Grâce à cette bourse nous allons pouvoir nous focaliser sur un projet de recherche fondamentale, sans retombées immédiates, en finançant la recherche, post-doctorants, contrats doctoraux… ». Avec 11 lauréats, le CNRS est l’institution la plus récompensée en Europe par l’ERC.

Mieux prédire la déformation de la Terre

Le projet d’Andréa Tommasi, baptisé RhEoVOLUTION, propose d’offrir à la communauté des scientifiques étudiant la déformation de la Terre, un nouvel outil pour prédire où et comment la déformation se localise dans les plaques qui forment l’enveloppe externe de la Terre solide.

« Il est aujourd’hui très difficile de simuler la déformation terrestre, explique Andréa Tommasi. Ceci, car cette déformation est très hétérogène et résulte de l’interaction entre processus qui se passent à des échelles allant du micron à plusieurs centaines de kilomètres. C’est comme si on tentait d’ouvrir une poupée russe sans pouvoir atteindre la plus petite. »

Une difficulté qui tient également à la grande gamme de processus physico-chimiques mis en jeu dans la déformation des roches. Et aussi, au fait que les roches sont anisotropes, autrement dit la façon dont elles se déforment dépend de l’orientation des forces relativement à leur structure interne. « Comme pour la prédiction du climat, nous proposons de faire appel à des approches stochastiques et faire rentrer la variabilité des comportements mécaniques des roches comme des paramètres de nos modèles. Une variabilité que l’on peut connaître grâce à l’observation des roches, mais aussi à des expériences sur des matériaux analogues avec des observations in-situ » poursuit la chercheuse.

L’objectif est de pouvoir expliquer les processus responsables par la tectonique de plaques, en particulier la formation de nouvelles limites de plaques, plus de 50 ans après l’établissement de ce paradigme. « Mais nous espérons appliquer aussi ces modèles à des questions d’actualité, comme la déformation des calottes glaciaires.«