Institut de botanique, amphithéâtre Charles Flahault – 163 Rue Auguste Broussonnet, 34000 Montpellier.

Conférence présentée par Laurent Dusseau, professeur à l’Université de Montpellier, directeur du Centre Spatial Universitaire Montpellier-Nîmes.

Initialement conçus comme des objets permettant d’initier les étudiants à l’ingénierie spatiale, les nanosatellites sont aujourd’hui au cœur d’enjeux économiques importants. La miniaturisation de la technologie et l’émergence de nouveaux marchés ont généré une croissance exponentielle des lancements et permis à ces satellites quelques kg d’offrir un accès à l’espace à de nouveaux acteurs tels que des universités, des PME et des collectivités locales.

Dans ce domaine, l’Université de Montpellier a acquis une longueur d’avance en lançant en 2012, à l’issue d’un programme de développement de six années, le premier nanosatellite Français ROBUSTA-1A. ROBUSTA-1B a pris le relai en juin 2017 et reste à ce jour le seul « CubeSat » Français opérationnel et dont les retombées scientifiques sont loin d’être négligeables. Cet été, il sera rejoint dans l’espace par MTCUBE, alors que trois autres nanosatellites sont en cours de développement au Centre Spatial Universitaire de l’UM avec le soutien de la fondation Van Allen et de plusieurs grands noms du spatial.

L’aventure du CSUM mérite d’être contée d’un point de vue technologie mais aussi humain. Elle a permis à plus de 500 étudiants de se former et de trouver un emploi dans un domaine qui peine à recruter et où les emplois, stratégiques, ne sont pas dé localisables.

Mais si les Cubesats deviennent viraux et envahissent l’espace, le risque d’une création de débris n’est-il pas à craindre ? Depuis plusieurs années, le CSU collabore avec le CNES à la mise en place de « bonnes pratiques » qui lui ont permis de répondre en tous points aux exigences de la loi sur les opération spatiales qui veille à un développement durable et partagé des activités spatiales.

Le dernier acte de l’épopée ROBUSTA se joue sur terre avec la construction en 2015 d’un bâtiment de 2300 m² dans lequel sont déjà installées, aux côtés du CSU, plusieurs entreprises leader du domaine, créant ainsi un véritable écosystème dédié aux nanosatellites et une chaine de valeur.

Du rêve de quelques passionnés à la création de dizaines, voire centaines d’emplois en région que nos enfants, formés à l’UM pourront occuper, cette incroyable aventure a fait de Montpellier, la capitale Française des nanosatellites.

L’Espace, oui, mais les pieds sur terre !

Les prochains rendez-vous :

  • Jeudi 23 mai : Un trésor redécouvert : la collection d’instruments scientifiques de Rennes (1840-1900).
  • Jeudi 27 juin : Imagerie médicale et pédagogie innovante.