Comprendre pour agir : transitions, responsabilités et imaginaires

  • Catégorie : Masterclasses
  • Dates : 2 avril 2026
  • Horaires : De 18h à 19h30
  • Lieu : Faculté d’Education - Amphi H - 2 Place Marcel Godechot, Montpellier

Masterclasse organisée dans le cadre du programme Comprendre pour agir du PTL Entreprenariat, Innovation, Soutenabilité.

Le cycle de Masterclasses « Comprendre pour agir : transitions, responsabilités et imaginaires » propose un espace de réflexion interdisciplinaire consacré aux manières de comprendre le monde contemporain et aux conditions dans lesquelles cette compréhension peut devenir une ressource pour l’action. Inscrit dans un contexte de transformations écologiques, technologiques et sociales profondes, souvent regroupées sous le terme de transition, le cycle fait le choix de déplacer l’attention :
il s’agit moins de qualifier les changements à l’œuvre que d’interroger les cadres à partir desquels ils sont perçus, interprétés et rendus intelligibles.

Comprendre n’est pas envisagé ici comme un état stabilisé ni comme une simple opération de description. Dans le prolongement des travaux qui soulignent le caractère situé, relationnel et historiquement construit des savoirs (Weber, 2003 ; Bourdieu, 1980 ; Haraway, 2018, 2020), la compréhension est pensée comme un processus dynamique, traversé par des cadres de perception, des dispositifs de médiation et des rapports de pouvoir. Elle engage des formes d’attention, des
régimes de visibilité et des manières d’attribuer du sens (Flüsser, 1983, 2004 ; Mondzain, 2017 ; Rancière, 2000), qui orientent souvent de manière implicite, les possibilités d’agir individuel et collectif (Audi, 2005 ; Habermas, 1987).

Le cycle accorde une place centrale aux pratiques qui contribuent à transformer ces cadres de compréhension. Les relations entre arts et sciences, les enjeux écologiques et politiques de l’image, ainsi que les démarches de recherche-création permettent d’interroger la manière dont certaines formes de savoir se fabriquent, se transmettent et se légitiment, tout en rendant visibles ou invisibles, des dimensions essentielles des transformations en cours (Ruano-Borbalan, 2017). Ces pratiques ne sont pas envisagées comme « en marge » du savoir académique, mais comme des lieux privilégiés de reconfiguration des manières de connaître et de percevoir le monde.
D’autres rencontres déplacent la réflexion vers les effets des technologies, des dispositifs institutionnels et des cadres politiques sur l’action collective. Les apports des sciences and technology studies (STS) permettent d’analyser la production des savoirs comme une activité située, traversée par des controverses, des arbitrages et des choix normatifs, et attentive aux bifurcations possibles des trajectoires dominantes (Callon, 1986 ; Latour, 2005 ; Jasanoff & Kim, 2015). Les questions de
démocratie, d’éducation et de territoires invitent enfin à examiner les conditions sociales et politiques de la compréhension partagée et du pouvoir d’agir.

Zones d’indétermination : art et science à l’ère des transitions

Par Olga Kisseleva.

Résumé

Dans le cadre du cycle « Comprendre pour agir : transitions, responsabilités et imaginaires », l’intervention d’Olga Kisseleva propose d’interroger les régimes contemporains de compréhension à partir des pratiques artistiques situées à l’interface de l’art, de la science et de la technologie. Son travail qui analyse les mutations écologiques et technologiques, vise à en déplacer les cadres
d’intelligibilité : comment se construisent les savoirs qui façonnent notre perception des transitions ? Quels dispositifs rendent visibles – ou invisibles – certaines réalités environnementales, sociales ou politiques ?

À travers des projets tels que EDEN, qui traite des écosystèmes interactifs reliant humains et non-humains, des recherches sur les devenir des IA, ou sur les voies des réhabilitations des territoires, elle examine la manière dont les imaginaires scientifiques influencent l’action publique et la gouvernance des milieux. Son approche de la recherche-création met en lumière la dimension performative des savoirs : comprendre c’est analyser, mais aussi configurer les conditions mêmes de l’action. Les
pratiques art-science apparaissent ainsi comme des laboratoires de formes nouvelles de responsabilité, capables d’articuler sensibilité, rationalité et innovation.

Conférencière

Artiste et chercheuse, fondatrice du laboratoire Art & Science à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Olga Kisseleva développe depuis les années 2000 des projets collaboratifs associant scientifiques, ingénieurs, juristes et habitants. Ses œuvres, exposées notamment au Centre Pompidou, au Louvre, ou à la Fondation Cartier à Paris, au Musée National des Arts du XXIème siècle (MAXXI) à Rome, à ZKM en Allemagne et dans les Biennales de Venise, d’Istanbul, ou de Berlin, prennent la
forme de plateformes expérimentales : cartographies sensibles, dispositifs interactifs, environnements biotechnologiques ou systèmes d’intelligence artificielle.

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