Des chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier ont montré que les globicéphales sont capables de percevoir les goûts et/ou les odeurs alors que l’on pensait ces cétacés dépourvus de capacités gustatives et olfactives.

Les cétacés sont-ils capables de percevoir les goûts et les odeurs et d’utiliser ces informations pour rechercher de la nourriture ou communiquer entre eux ? Longtemps ces animaux ont été considérés comme dépourvus des sens de l’odorat et du goût… Pour en avoir le cœur net, Aurélie Célérier et Bertrand Bouchard, chercheurs au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, ont sillonné pendant 1 mois la Méditerranée au large de l’Espagne à la rencontre d’une espèce de dauphins : le globicéphale. « Nous avons déployé un dispositif qui permet de diffuser des substances sollicitant leurs sens olfactif et/ou gustatif puis nous avons observé leurs réactions », explique la biologiste marine. Munis d’un drone et de caméras sous-marines pour observer les déplacements des cétacés et d’hydrophones pour mesurer leur activité acoustique, les chercheurs ont décrypté le comportement des globicéphales en présence de DMS, un composé chimique émis naturellement à la surface des aires de forte productivité marine qui constituerait un indice indirect de présence de nourriture. « Nos observations confirment que ces animaux réagissent à des stimuli chimiques dans leur environnement naturel », explique Aurélie Célérier. Des résultats fondamentaux qui pourraient à plus long terme être mis à profit pour participer à la sauvegarde de ces espèces essentielles au monde aquatique. « L’utilisation de composés répulsifs perçus au travers de ces modalités sensorielles pourraient notamment être envisagée pour éloigner les cétacés des zones de danger telles que les secteurs de pêche et les voies de navigation humaines ».

L’expédition en images

Photos © Cyril Fresillon/CEFE/CNRS Photothèque