Polysity : du laboratoire à la start-up, avec l’accompagnement du PUI

Soutenue depuis ses débuts par le pôle universitaire d’innovation de Montpellier (PUI), la start-up Polysity a su transformer une innovation de rupture en véritable solution industrielle. Elle ambitionne désormais de devenir un standard dans la fabrication de dispositifs en silicone, notamment dans les secteurs de la formation et de la robotique médicale, des implants et de la microfluidique.

L’équipe fondatrice avec, de gauche à droite : Yassine Haddab, Jimmy Lopez, Hamza El Jjouaoui et Philippe Poignet. Crédit photo : Virginie Fèche

Quatre à six semaines, c’est la durée aujourd’hui nécessaire pour recevoir un objet en silicone fabriqué par moulage. Pour offrir une alternative à ce processus long et coûteux, la start-up Polysity, hébergée au Lirmm et issue du projet de recherche Clamps, propose une technologie d’impression 3D permettant de fabriquer des formes complexes avec tout type de silicone. Cette innovation rend ainsi possible la création de structures flexibles, durables et hautement personnalisables. Le tout avec une grande précision, et grâce à un logiciel alimenté par l’intelligence artificielle.

Désormais, l’ambition de Polysity est de passer à l’échelle industrielle et de se déployer à l’international. Le projet a cependant déjà parcouru un long chemin depuis le laboratoire, facilité par différents dispositifs du PUI, dont l’écosystème continue d’accompagner le développement à plusieurs niveaux.

Les premières étapes de maturation 

En 2023, alors que le projet de recherche Clamps n’en est qu’à ses débuts, il participe à une session du Booster Innovation Montpellier (BIM) et obtient un financement de 34 000 euros. « À cette époque, nous n’avions qu’une preuve de concept, mais nous voulions aller plus loin, se souvient Hamza El Jjouaoui, CEO et fondateur de Polysity. Grâce au BIM, cela a été possible : le financement obtenu en étant lauréat nous a permis de former une partie de la future équipe de la start-up. » Le projet a ensuite bénéficié de financements complémentaires via Prémat CNRS Innovation, la maturation SATT et BFTLAB.

Peu de temps après, en décembre 2024, une demande de brevet est alors déposée auprès de l’Inpi pour protéger l’innovation. « Pour le dépôt du brevet, nous avons été accompagnés de A à Z par la direction de l’innovation et des partenariats (DIPA) de l’Université de Montpellier, ainsi que par la SATT AxLR, raconte Hamza El Jjouaoui. Cet accompagnement nous a permis de rédiger correctement l’ensemble des éléments nécessaires au dépôt. La rédaction d’un brevet étant un exercice très spécifique, leur expertise nous a aussi aidés à mieux comprendre les enjeux liés à la propriété intellectuelle et, surtout, les différentes possibilités de valorisation de l’innovation. » À ce jour, la SATT AxLR assure toujours la gestion de cette propriété intellectuelle et accompagne Hamza El Jjouaoui dans la définition des modalités de sa future exploitation par Polysity.

De la recherche à l’entreprenariat

« À Montpellier, notre écosystème entrepreneurial est particulièrement bien développé », poursuit le CEO de Polysity qui se dit chanceux d’avoir pu compter sur l’accompagnement de plusieurs acteurs du PUI lors de la création de son entreprise, notamment sur les aspects juridiques, scientifiques et de ressources humaines. Le porteur a également eu l’opportunité de participer à deux formations entrepreneuriales : Pépite Deeptech, proposée par l’incubateur Initium de l’Université de Montpellier, et Première marche, portée par le BIC de Montpellier.

« Ces formations m’ont beaucoup aidé à construire et à affirmer ma posture de CEO au cours des deux premières années du projet, détaille Hamza El Jjouaoui. À cette période, ma vision n’était pas encore suffisamment claire et structurée. D’abord pour moi-même, mais également pour les personnes à qui je devais la présenter. Au fil des formations, j’ai appris à mieux me positionner en tant que porteur de projet, à structurer ma vision et à la communiquer de manière convaincante. »

Confronter l’innovation au marché

Après s’être correctement entouré, il faut cependant « sortir du laboratoire » et tester son innovation. « Cela donne un avant-goût de la vie commerciale de la start-up, mais surtout, cela permet de bien connaître ses futurs marchés. », estime l’entrepreneur.

À l’été 2026, Polysity a donc eu l’occasion de se présenter au salon VivaTech à Paris, sur le stand du PUI : « Cette visibilité nous a permis d’échanger avec différents fonds d’investissement, français comme internationaux, et d’établir de premiers contacts en vue de potentielles collaborations. Nous avons également pu initier des discussions avec plusieurs acteurs industriels autour de futurs partenariats et de possibles synergies avec notre projet. »

Si l’écosystème du PUI a donc joué un rôle clé dans la naissance de Polysity, l’aventure n’est pas finie pour la jeune entreprise. « Notre but à court terme est de lever 500 000 euros pour notre industrialisation, ainsi que pour la recherche de futurs clients. »