Rencontres Montpellier-Sherbrooke : 20 ans de sciences en partage

Du 3 au 5 juin 2026, l’Université de Montpellier a accueilli la 10e édition des Rencontres scientifiques universitaires Montpellier-Sherbrooke. Un rendez-vous qui célébrait deux décennies d’échanges, de collaborations fructueuses et de projets communs entre des établissements d’enseignement supérieur de Montpellier et du Québec, unis par la francophonie, l’amour des sciences et le goût du partage.

20 ans, la belle histoire. Une histoire de francophonie, de coopération internationale et d’amour des sciences dans toute leur diversité. Elle débute en 2006 avec la signature d’un accord-cadre stratégique entre l’Université de Montpellier, l’Université de Montpellier Paul-Valéry et l’Université de Sherbrooke au Québec. Soit la même année que la première édition de rencontres scientifiques biennales, organisées alternativement à Sherbrooke et Montpellier, qui deviennent rapidement un rendez-vous très attendu par les communautés scientifiques des deux continents. Et nourrissent même un jumelage officiel entre les deux villes depuis 2013.

40 ateliers à l’ère de l’IA

Après un rendez-vous 2024 en terres québécoises marqué par le renouvellement d’un partenariat stratégique durable, c’était à Montpellier d’accueillir, du 3 au 5 juin dernier, la dixième édition de ces Rencontres. Leur thème : « Les enjeux et opportunités de l’utilisation de l’IA dans les coopérations universitaires ». Au programme, près de 40 ateliers en présentiel ou à distance : 12 ateliers institutionnels co-portés par les universités partenaires et 24 ateliers scientifiques, dont 13 portés par des chercheurs et chercheuses l’Université de Montpellier.

Il n’en fallait pas moins pour réunir 380 participantes et participants pendant trois jours, une mobilisation à l’image de deux décennies de collaborations et de projets qui ne cessent de se développer entre les établissements d’enseignement supérieur des deux territoires. « Cette 10e édition concrétise 20 ans de coopération, 20 ans d’échanges et 20 ans de projets conjoints. Elle met à l’honneur la pérennité et la stabilité de notre coopération, à l’heure où nos établissements d’enseignement supérieur, quels que soient le pays, l’État ou le continent où ils se trouvent, sont souvent confrontés aux mêmes défis et aux mêmes enjeux », a affirmé Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier.

Un goût partagé pour le croisement des disciplines

Cette année encore, les ateliers institutionnels ont favorisé le partage de bonnes pratiques et une réflexion commune autour des enjeux auxquels sont confrontées les universités. Ouverts à l’ensemble de la communauté universitaire, ils ont permis d’échanger autour des stratégies d’établissement en matière de transition écologique, de l’engagement et de l’insertion professionnelle de la communauté étudiante, de l’innovation, de l’évolution des compétences et des défis pédagogiques à venir…

L’utilisation grandissante de l’IA, qui transforme déjà tous les domaines et métiers universitaires, des fonctions support à l’enseignement en passant par la recherche, a bien évidemment traversé les échanges. Si elle était au cœur de certains ateliers scientifiques, elle n’en constituait toutefois pas le sujet dominant. Ces rencontres étaient aussi l’occasion de mettre en lumière la diversité des projets de recherche et de formation déjà menés conjointement par les établissements partenaires. Chimie, mathématiques, ingénierie, sport, droit, biologie, santé, technologies quantiques, neurosciences, art, sciences humaines et sociales… Un riche panorama de leurs domaines de pointe, témoignant d’un goût prononcé pour le croisement des disciplines.

Réfléchir ensemble mais différemment

Encore une fois, les rencontres scientifiques universitaires Montpellier-Sherbrooke témoignent de l’engagement et du rayonnement de ces collaborations au sein des facultés, composantes et laboratoires de chacun des établissements. Elles soulignent également la force du collectif et la nécessité de préserver de tels espaces communs d’expérimentation. « Cette collaboration solide nous permet de faire avancer nos communautés d’un point de vue scientifique et de réfléchir ensemble mais de manière différente », analyse Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke.

Réfléchir autrement, mais au sein d’une communauté francophone aux valeurs partagées, sans jamais oublier le lien humain, particulièrement visible au fil des échanges informels et des projets naissant au coin d’une table, entre de vives discussions et quelques fous rires partagés. De toute évidence, de part et d’autre de l’Atlantique, le plaisir de se retrouver, de créer de nouveaux liens et de favoriser les mobilités reste intact. Une vitalité qui rappelle l’importance de partenariats internationaux solides et vivants pour faire avancer la recherche, favoriser l’innovation et répondre ensemble aux grands défis de la société.