ÉcoN’UM : un autre numérique est possible

Omniprésent dans notre quotidien, le numérique exerce une empreinte environnementale encore trop souvent méconnue et sous-estimée : production d’équipements, consommation énergétique, pollution diffuse et invisible… Dans ce contexte, l’adoption de pratiques plus sobres, visant à réduire l’empreinte du numérique en agissant sur son cycle de vie et ses usages face à son expansion constante, s’impose comme une condition essentielle de la transition écologique. L’Université de Montpellier s’engage pleinement pour un numérique responsable, en lien avec son schéma directeur de la transition écologique (SDTE) et celui du numérique (SDN).

Dans le cadre de la semaine ÉcoN’UM, organisée du 16 au 21 mars dernier, diverses ressources pédagogiques (podcasts, vidéos, infographies) ont été mises à disposition sur la page Numérique responsable du site numérique de l’établissement. Deux fresques du numérique ont également été proposées. Animées par deux enseignantes-chercheuses de l’Université de Montpellier et programmées le vendredi 20 mars dernier à la faculté de droit et science politique et à la faculté des sciences, ces fresques ont réuni 17 participants. L’objectif était de permettre aux personnels de mieux appréhender l’impact environnemental du numérique (émissions de CO₂, extraction de ressources, consommation d’eau, production de déchets), d’identifier les principales sources de cet impact (fabrication des équipements, centres de données, réseaux), ainsi que de réfléchir à des leviers d’action concrets afin de réduire leur empreinte numérique.

La fresque du numérique met en lumière plusieurs enseignements essentiels pour comprendre les enjeux environnementaux du digital. D’abord, le numérique est loin d’être immatériel : il repose sur des infrastructures et des équipements bien réels, dont la fabrication et l’usage ont un impact significatif. Parmi ces impacts, ce sont les terminaux des utilisateurs (smartphones, ordinateurs, téléviseurs) qui pèsent le plus lourd, notamment en raison des ressources nécessaires à leur production. La fabrication des équipements nécessite l’extraction de grandes quantités de minerais, souvent rares, tandis que le recyclage reste limité et ne permet pas de récupérer efficacement toutes les ressources. Parallèlement à cela, le développement de l’intelligence artificielle accroit considérablement la consommation énergétique des centres de données accentuant encore l’empreinte globale du numérique. Malgré ces constats préoccupants, il est possible d’imaginer et de construire un numérique plus sobre, responsable et durable, à condition de repenser nos pratiques et nos besoins.

À cet égard, chaque individu est invité à repenser ses usages et pratiques pour réduire son impact environnemental. Il s’agit d’abord de limiter l’achat d’équipements neufs, en privilégiant l’achat d’occasion ou reconditionné quand cela est possible, en réparant les appareils défectueux et en donnant une seconde vie à ceux inutilisés. Une démarche de sobriété numérique est également essentielle par la réduction du nombre et de la taille des écrans, et l’adoption d’usages plus réfléchis.

A l’échelle de l’établissement, il s’agit d’encourager le regroupement et la rationalisation des serveurs informatiques pour réduire le nombre d’équipements et donc la consommation énergétique. Sous l’impulsion de la DSIN et de l’ISDM, et en concertation avec les UFR, Écoles et Instituts, l’établissement a engagé un processus de fermeture progressive des salles serveurs locales, au bénéfice d’un hébergement mutualisé auprès du Centre Informatique National de l’Enseignement Supérieur (CINES), reconnu pour ses standards élevés en matière d’efficacité énergétique.

Cette rationalisation des équipements s’accompagne de l’optimisation de l’usage des matériels informatiques par la généralisation de la technologie de virtualisation et la réforme systématique des matériels obsolètes. De plus, la politique d’équipement informatique de l’établissement a été modifiée depuis plusieurs années pour intégrer une durée de vie plus longue pour les postes informatiques avec un passage de 5 à 7 ans.

Cette semaine de la sobriété numérique a ainsi constitué un temps fort de sensibilisation et de mobilisation collective. Elle rappelle que chacun, à son échelle, peut contribuer à réduire l’impact du numérique, à condition d’adopter des pratiques plus responsables et de questionner ses usages. Loin d’être une contrainte, la sobriété numérique apparaît comme une nécessité et une opportunité : celle de repenser notre rapport aux technologies en vue de construire un avenir plus durable.