L’Université de Montpellier lance le projet ADNeIA pour renforcer la surveillance de la biodiversité marine

L’Université de Montpellier annonce le lancement officiel du projet ADNeIA (solutions ADNe optimisées par intelligence artificielle) pour la surveillance de la biodiversité marine, porté scientifiquement par David Mouillot, Laure Velez et Stéphanie Manel et coordonné par l’unité MARBEC ainsi que par l’entreprise Spygen. Le projet ADNeIA, dont le démarrage opérationnel est prévu le 15 mars 2026, vise à développer de nouveaux outils de surveillance de la biodiversité marine fondés sur l’analyse de l’ADN environnemental par intelligence artificielle, afin de mieux comprendre, protéger et gérer les écosystèmes marins.

Soutenu par l’ANR dans le cadre de l’appel à projets « Chaire Industrielle 2025 », ce programme de recherche bénéficie d’un financement global de 1,28 million d’euros sur 48 mois. Le projet est financé à hauteur de 640 991,25 € par l’ANR, avec une contribution équivalente de l’entreprise partenaire Spygen.

ADNeIA : un projet de recherche innovant pour mieux observer et comprendre les écosystèmes marins

Face aux pressions croissantes exercées par les activités humaines et le changement climatique sur les milieux marins, une meilleure connaissance de la biodiversité constitue aujourd’hui un enjeu majeur. Les méthodes traditionnelles d’observation, telles que les comptages en plongées, les captures aux filets ou les vidéos réalisées caméras sous-marines, restent contraignantes, voire destructives, et limitées dans leur capacité à couvrir de vastes zones sur le long terme pour de nombreuses espèces.

Le projet ADNeIA propose une approche innovante fondée sur la combinaison de l’ADN environnemental et de l’intelligence artificielle pour mieux détecter les espèces marines sans impacter les écosystèmes. En analysant les traces biologiques laissées par les organismes dans l’eau, sous forme d’ADN environnemental ou ADNe, et en mobilisant des outils de traitement automatisé des données, le projet permettra de mieux inventorier la biodiversité marine, comprendre ses dynamiques écologiques et modéliser son évolution. Dans ce cadre, ADNeIA prévoit le développement de robots sous-marins autonomes capables de collecter des échantillons d’ADNe, de mesurer les paramètres environnementaux et de cartographier les fonds marins, y compris dans des zones difficiles d’accès comme les canyons profonds ou les sites éoliens. Le projet s’appuie également sur la constitution d’une base de données enrichie sur la faune marine, en particulier sur les crustacés encore peu documentés, ainsi que sur la création d’outils d’analyse avancés et d’une plateforme numérique de visualisation destinée aux acteurs publics et privés.

Porté par l’Université de Montpellier (MARBEC, CEFE) en partenariat avec l’entreprise Spygen, ADNeIA s’inscrit dans une dynamique de collaboration étroite entre recherche académique et innovation industrielle, favorisant le transfert de connaissances vers des applications opérationnelles. Ces mêmes partenaires était déjà lauréat d’un LabCom de l’ANR édition 2020 (DiagADNe) qui a servi de tremplin au montage de ce projet de Chaire Industrielle.

Des outils au service de la protection de la biodiversité et de la décision environnementale

À travers le développement de solutions technologiques intégrées, le projet ADNeIA vise en priorité à renforcer la protection des milieux marins en permettant une surveillance plus fine, continue et non intrusive des écosystèmes. Les données produites contribueront à l’identification des zones sensibles et au suivi des stratégies de conservation comme l’établissement des aires marines protégées. Le projet ambitionne également d’améliorer l’évaluation de l’impact des activités humaines, notamment des infrastructures éoliennes et des ports sur la biodiversité. En fournissant des indicateurs écologiques pertinents, ADNeIA participera à une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux dans les politiques d’aménagement des écosystèmes côtiers.

Grâce à sa plateforme numérique, ADNeIA offrira aux collectivités, gestionnaires d’espaces naturels et entreprises des outils d’aide à la décision leur permettant de suivre la dynamique de la biodiversité, de produire des rapports conformes aux exigences réglementaires et d’orienter leurs actions en matière de responsabilité environnementale.

Enfin, en combinant biologie, robotique et intelligence artificielle, le projet contribuera au développement de nouvelles approches scientifiques en écologie marine et renforcera le rayonnement de la recherche française dans le domaine des sciences de l’environnement.

Plusieurs expéditions seront menées à partir de l’été 2026 où les médias seront bienvenus pour nous accompagner.

Informations pratiques