Plateforme FSMMF : un outil dédié à la fermentation solide, la valorisation des biodéchets et le biocontrôle pour réduire les intrants chimiques
L’Université de Montpellier annonce le lancement du projet FSMMF (Fermentation solide et métabolisme des microorganismes filamenteux), une plateforme scientifique intégrée à l’unité d’appui et de recherche dédiée aux génies des procédés & bioprocédés. Cette opération a bénéficié d’une aide de 642 000€, soutenue par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée à hauteur de 360 200€ dans le cadre de l’appel à projets PRIO (Plateformes de Recherche et d’Innovation Ouvertes). L’ambition : accompagner la transition des filières en développant des procédés biologiques innovants et performants permettant de réduire les pesticides chimiques . Il s’agit d’améliorer les méthodes de biovalorisation des déchets afin de transformer des co-produits ou résidus végétaux inexploités en ressources utiles et valorisables économiquement.
Une plateforme structurante au service des filières régionales et des transitions
La plateforme FSMMF a été pensée pour doter la région Occitanie d’un outil mutualisé et structurant, au service d’un enjeu central : soutenir la recherche, la formation et l’innovation dans des domaines stratégiques tels que l’agroalimentaire, la valorisation des biodéchets et coproduits et le biocontrôle. Objectif : accélérer le développement de solutions concrètes et durables afin de mieux valoriser les ressources organiques disponibles et réduire l’usage de produits chimiques.
La Région Occitanie soutient ce projet qui mettra à disposition des acteurs académiques et socio-économiques une plateforme capable de transformer les résultats scientifiques en applications opérationnelles pour accompagner l’évolution des pratiques industrielles et agricoles, tout en soutenant le développement de nouvelles solutions biologiques.
Le projet se déroulera du 1er septembre 2025 au 1er septembre 2028. Il est coordonné par l’Université de Montpellier et déployé au sein de l’UMR QualiSud, sous la responsabilité scientifique de Caroline Strub, avec une responsabilité technique assurée par Alexandre Colas de la Noue.
Des enjeux majeurs pour l’agroalimentaire, la valorisation des biodéchets et la réduction des intrants chimiques
Aujourd’hui, les filières agroalimentaires et agricoles font face à une triple exigence : produire mieux tout en réduisant l’impact environnemental des activités, et accélérer l’innovation pour répondre aux attentes sociétales, réglementaires et économiques. La valorisation des biodéchets et coproduits organiques s’impose donc comme un levier incontournable pour renforcer la sobriété des systèmes de production et inscrire les activités dans des démarches d’économie circulaire.
Dans ce contexte, la fermentation en milieu solide apparaît comme une voie particulièrement prometteuse. Elle permet de développer des procédés innovants, efficaces et souvent plus sobres, en mobilisant des microorganismes capables de transformer des substrats solides issus notamment de coproduits agricoles. Elle ouvre ainsi des perspectives importantes, autant pour la création de nouveaux produits alimentaires fermentés que pour la génération de molécules et de solutions d’intérêt agronomique ou industriel.
Par ailleurs, la nécessité de réduire l’usage des pesticides chimiques conduit à intensifier les recherches et innovations sur le biocontrôle, c’est-à-dire sur des solutions biologiques capables de prévenir ou limiter les pressions pathogènes. Certains microorganismes filamenteux peuvent être soit des nuisibles à contrôler, soit de précieux alliés pour protéger les cultures. Qu’ils soient bénéfiques ou indésirables, leur étude repose sur des outils communs. L’utilisation de biodéchets et de coproduits agricoles ouvre ainsi un fort potentiel d’innovation pour développer des solutions de biocontrôle, tout en améliorant la compréhension du métabolisme des moisissures non désirées et la maîtrise des risques associés, comme les mycotoxines dans les filières sensibles (céréales, fruits et légumes transformés).
Développer des procédés innovants grâce à la fermentation solide et aux microorganismes filamenteux
Le projet FSMMF permettra de franchir un cap en matière de recherche, d’innovation et de transfert technologique en soutenant le développement de procédés innovants pour la production d’aliments fermentés solides et en consolidant des approches scientifiques et technologiques capables d’être valorisées par les filières.
Elle doit également permettre d’accélérer la valorisation des coproduits agricoles et des biodéchets, en développant des voies de transformation biologique susceptibles de convertir ces ressources en produits utiles et à valeur ajoutée. Enfin, la plateforme contribuera directement à l’amélioration des connaissances et des applications autour du biocontrôle, avec une finalité forte : soutenir des solutions biologiques alternatives et contribuer, à terme, à la réduction des pesticides chimiques.
Ouverte aux collaborations, la plateforme FSMMF accompagnera aussi la formation, en mettant à disposition des étudiants et doctorants des équipements de pointe et des méthodologies avancées en génie des procédés et bioprocédés. Elle renforcera enfin les interfaces entre laboratoires, plateformes technologiques et partenaires socio-économiques, afin de favoriser l’émergence d’innovations applicables rapidement au terrain.
Informations pratiques :
- Plus d’infos sur l’appel à projet : ici