Et si le bateau du futur était en fait un avion ? Après trois ans de travail collectif, Vincent Dufour, chercheur à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Isem), présente l’Overboat. Une perle technologique et écologique permettant de naviguer en suspension au-dessus de l’eau.

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« Ce qui distingue notre bateau d’un autre c’est qu’il a des jambes. Un peu comme dans la chanson, sauf que ce n’est pas pour marcher mais pour voler. » Et ça, Vincent Dufour en avait rêvé toute sa vie. Océanographe spécialiste des poissons récifaux, adepte de la glisse et marin depuis l’enfance, ce chercheur a toujours aimé « aller à l’avant des bateaux et mettre les pieds à la surface de l’eau. On a la sensation de voler ! »

Son rêve baptisé Overboat s’est exposé en décembre dernier au salon nautique de Paris sous la forme d’un bateau monoplace d’un mètre cinquante sur trois. Sous sa coque : quatre montants d’un peu plus d’un mètre de long, les fameuses jambes, se terminant par un foil. Un foil c’est une aile sous-marine permettant, comme sur un kytesurf, de soulever la coque hors de l’eau grâce à la portance hydrodynamique.

Sauf qu’Overboat ne se laisse pas aller au gré des flots et des vents. Équipé d’une propulsion électrique, de nombreux capteurs d’altitude et de position et d’un système entièrement robotisé relié à des foils articulés, le bateau se pilote quasi-automatiquement. « Non seulement c’est une nouvelle façon de se déplacer sur l’eau, mais surtout, il n’y a pas besoin d’être un crack puisque l’intelligence du bateau va tout gérer à votre place. Il y a juste à appuyer sur une gâchette pour doser l’accélération. »

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Une nouvelle façon de se déplacer

Pour mener à bien ce projet, Vincent Dufour a dû jouer les chefs d’orchestre et réunir autour de lui une équipe solide. Lionel Lapierre (Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier), Laurent Latorre (Polytech), Loïc Daridon (Laboratoire de mécanique et génie civil), Daniel Matt et Philippe Combette (Institut d’électronique et des systèmes) forment ainsi « la dream team » s’amuse Vincent Dufour. « Grâce à ce jus de cerveaux collectif nous avons déjà déposé trois brevets » et un ou deux autres devraient suivre.

Entièrement électrique ce bateau volant a pour autre avantage sa dimension écologique. « Quand on soulève le bateau hors de l’eau, la coque ne génère pas de résistance et on gagne 60 % de l’énergie consommée. » Destinée aux particuliers mais aussi aux scientifiques, sa version monoplace sera commercialisée dès 2019, mais Vincent Dufour « ne voit pas de limites réelles à cette technologie » et compte bien décliner l’Overboat en version XXL.