Du 5 janvier au 13 février, Nacim Guellati sera à bord de l’Arctic Sunrise en tant que spécialiste de l’ADN environnemental. Sa mission : recenser les espèces marines présentes en Antarctique. Portrait du tout premier étudiant de l’UM invité à participer à une mission de Greenpeace. Et quelle mission !

Ce n’est ni par hasard, ni par favoritisme que Nacim Guellati a été choisi par le laboratoire de biologie marine MARBEC pour monter à bord du célèbre navire de Greenpeace. À 22 ans, ce jeune Algérois, débarqué à Montpellier il y a trois ans pour poursuivre une licence Ecologie et biologie des organismes (EBO), présente déjà une expérience impressionnante pour son âge.

Adepte des sensations extrêmes, il pratique avec assiduité plongée, apnée, sports de combat ou encore saut en parachute. Une « résistance physique qui est absolument nécessaire pour participer à ce type de mission » souligne David Mouillot, professeur au laboratoire MARBEC et référent de la mission à l’UM.

« Se débrouiller avec le minimum »

Côté voyage, Nacim n’en est pas non plus à son coup d’essai. « J’aime voyager dans des contextes un peu extrêmes et me débrouiller avec le minimum. Je suis notamment parti en Islande à proximité du cercle polaire arctique en hiver, je peux donc me faire une petite idée de ce que seront les conditions là-bas. » A l’annonce de son départ pour l’Antarctique, parmi ses proches, personne n’a d’ailleurs été réellement surpris. « Au contraire ça fait plutôt rire mes parents. Ils se demandent pourquoi leur fils ne peut pas faire des trucs disons, « plus normaux » ! »

Un profil qui lui a déjà valu de participer à la mission Gombessa V l’été dernier. Une expédition de 28 jours en Méditerranée, initiée par le naturaliste et documentariste montpelliérain Laurent Ballesta. « J’ai pu découvrir les petits détails quotidiens d’une expédition. C’était intéressant car au-delà de la mission scientifique, il fallait aussi assurer l’aspect médiatique avec un film à tourner donc s’adapter en permanence dans notre quotidien. »

La maîtrise des techniques

Si Nacim Guellati présente toutes les caractéristiques du parfait aventurier, c’est avant tout ses aptitudes scientifiques et sa maîtrise des techniques relatives à l’ADN environnemental qui lui valent de participer à ces aventures incroyables. Un savoir-faire appris notamment aux côtés d’Emilie Boulanger, doctorante au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive et au laboratoire MARBEC, et de Jean Baptiste Juhel, ingénieur embauché à MARBEC dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise SpyGen (Companies on Campus). Un parcours que Nacim envisage de suivre en passant par le master Ingénierie en Écologie et Gestion de la Biodiversité (IEGB) avant d’enchaîner sur un doctorat.

Pour cela, il devra valider ses examens de licence qu’il passera avec quelques semaines d’avance sur ses camarades : « Tous les profs ont été supers, ils ont accepté d’aménager mes examens pour me permettre de les passer avant mon départ pour l’Antarctique. »

À quelques semaines du départ, c’est avec sérénité que le jeune biologiste envisage son expédition. L’absence de nuit sous ces latitudes ? Le froid ? La vie à bord ? Non, rien de tout cela ne semble vraiment préoccuper Nacim, si ce n’est une chose : « J’ai peur de manquer de temps pour prélever tous les échantillons dont nous avons besoin. » Pas de doute, il faudra plus qu’une banquise pour tempérer la passion de ce jeune fondu de sciences.