Pourquoi tombe-t-on malade quand il fait froid ?

Tous les enfants ont entendu un jour de froid « Couvre-toi, tu vas tomber malade », et l’expérience prouve que les adultes comme les enfants sont plus souvent malades l’hiver que l’été.

Georges Lutfalla, Université de Montpellier

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Pour comprendre cela, il faut clairement différencier les causes « internes », celles qui tiennent au fonctionnement propre de notre corps, de celles « externes » ou « infectieuses », c’est-à-dire liées principalement aux infections.

Commençons par les origines des humains. Nous sommes apparus en Afrique, c’est-à-dire dans une région du globe dans laquelle il fait plus chaud que dans la France actuelle, sans saison froide très marquée, donc le corps humain est fait pour fonctionner au chaud.

Mais alors pourquoi l’homme est-il allé coloniser les régions froides ? Probablement en partie car ces régions froides sont dépourvues de nombreux parasites qui infectent l’homme et qui nuisent gravement à sa santé. Prenons le plasmodium par exemple, responsable de la malaria qui tue 500 000 enfants tous les ans dans les pays chauds, et qui est absent des régions plus froides comme la France… Souvent, ces maladies parasitaires ne se transmettent pas directement d’homme à homme, mais sont véhiculées par des hôtes intermédiaires, tels les moustiques, qui sont absents des régions froides. Par contre les maladies infectieuses, comme le rhume ou la grippe, qui nous affectent l’hiver sont souvent des maladies se transmettant directement d’homme à homme.

Les causes internes

Nous sommes faits pour fonctionner au chaud. Quand il fait froid, une bonne partie de notre corps, à commencer par notre peau et les extrémités de nos membres ne sont pas à 37 °C, le sang s’en trouve moins fluide, et de ce fait, le cœur a plus de mal à faire circuler le sang, il se fatigue, expliquant ainsi la recrudescence des accidents cardio-vasculaires en hiver.

L’hiver, avec sa faible quantité de luminosité est aussi une période de recrudescence des états dépressifs pour lesquels on propose même des prises en charge par luminothérapie (on remplace la lumière naturelle par des lampes spéciales).

Les causes externes ou infectieuses

De fait, le gros de la recrudescence des maladies et de la surmortalité hivernale est dû aux maladies infectieuses se transmettant d’homme à homme par exemple les maladies virales : la grippe, la bronchiolite et le Covid.

Ces maladies respiratoires se transmettent par les gouttelettes pleines de virus que nous expirons en permanence, particulièrement si nous toussons. Si l’air est sec, ces gouttelettes sèchent immédiatement et ces virus ne résistant pas à la déshydratation, perdent tout de suite leur capacité à infecter nos proches.

Par contre, s’il fait froid et humide, comme c’est souvent le cas en hiver, ces gouttelettes persistent très longtemps dans l’air et peuvent être inhalées par nos proches qui s’infectent ainsi. Ce phénomène est renforcé par nos comportements hivernaux qui nous poussent à nous enfermer dans des locaux souvent mal ventilés, donc humides, et qui sont ainsi propices à la propagation de ces virus.

Pour les mêmes raisons, l’hiver est souvent le théâtre d’épidémies de gastro-entérites d’origines virales.

Conjonction des causes internes et externes

Tout d’abord, comme il fait froid, les sécrétions de nos voies respiratoires sont plus visqueuses, et le processus qui nous permet de les éliminer en les faisant remonter vers la gorge fonctionne mal ; nous avons donc plus de mal à éliminer les virus et autres microbes que nous respirons. Ensuite, en conditions hivernales, les cellules de nos voies respiratoires expriment en plus grande quantité certains récepteurs spécifiques qui sont utilisés par certains virus pour nous infecter, favorisant ainsi les infections. Enfin, dans les régions « froides » de notre corps, notamment celles en contact avec l’air extérieur (les voies respiratoires et les poumons) qui sont des voies d’entrée des virus respiratoires, les cellules immunitaires en charge de l’élimination des microbes fonctionnent moins bien (du fait du froid !).


Cet article est publié dans le cadre du dispositif « Questions de Jeunes à la Recherche » mené par Agropolis International en partenariat avec le Rectorat de l’Académie de Montpellier. Georges Lutfalla mène ses recherches au sein de l’Université de Montpellier, membre d’Agropolis International.

Diane Rottner, CC BY-NC-ND

Si toi aussi tu as une question, demande à tes parents d’envoyer un mail à : rf.no1675642259itasr1675642259evnoc1675642259eht@r1675642259oinuj1675642259ct1675642259. Nous trouverons un·e scientifique pour te répondre.

Georges Lutfalla, Directeur de Recherche, interactions hôtes-pathogènes, Université de Montpellier

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.