Du 5 janvier au 13 février, Nacim Guellati était à bord de l’Arctic Sunrise, le célèbre navire de Green peace, en tant que spécialiste de l’ADN environnemental. Sa mission : recenser les espèces marines présentes en Antarctique.

Les pôles vont-ils devenir un refuge pour la faune fuyant l’activité humaine et ses conséquences ? « Notre hypothèse est qu’avec le réchauffement climatique et la pression de la pêche industrielle, de nouvelles espèces viennent trouver refuge en Antarctique, notamment en période estivale » explique David Mouillot, chercheur au laboratoire Marbec (Biodiversité marine, exploitation et conservation).

Pour vérifier cette hypothèse le laboratoire a rejoint l’association écologiste Greenpeace pour une expédition de sept semaines en Antarctique. Du 5 janvier au 13 février 2020, c’est donc Nacim Guellati étudiant en licence de biologie et stagiaire à Marbec, qui a embarqué à bord du mythique Arctic Sunrise en tant que spécialiste de l’ADN environnemental. Une technique développée par la société Spygen, partenaire de Marbec, permettant de récolter, en filtrant l’eau, des fragments d’ADN laissés par les organismes et de révéler ainsi la présence d’espèces jusque-là invisibles aux chercheurs. « Il a fallu s’adapter aux conditions parfois difficiles, improviser, mais cette mission est une réussite, déclare le jeune biologiste. Nous avons pu échantillonner 6 sites au lieu des 4 initialement prévus. »

Mer de Weddell, îles Shetland, île de l’Eléphant… Plus d’une soixantaine d’échantillons prélevés dans différentes zones de la péninsule Antarctique ont ainsi pu être récoltés et sont en cours d’analyse. « Nos résultats doivent impérativement servir à la création de réserves marines en Antarctique pour sanctuariser ce patrimoine », souligne Nacim Guellati. Aujourd’hui seuls 2 % de l’Antarctique sont protégés, laissant la quasi-totalité de ce continent à la merci des industriels de la pêche et de l’énergie.

photos © Abbie Tayler Smith – Greenpeace et Nacim Guellati