Éléonore Szturemski et Louise Robert sont les deux artisanes de la mise en œuvre de la politique culturelle de l’Université de Montpellier. Organisation d’évènements, ateliers de pratiques artistiques, résidences et accueil d’artistes sont autant de déclinaisons d’une mission qu’elles exercent au sein du service art et culture.

Une mission, touchée mais pas coulée par le contexte sanitaire, qu’elles nous présentent ce mois-ci dans le cadre de la série vidéo « Rouages » produite par l’UM.

Certain.e.s guettent avec avidité chacune de ses actualités, d’autres le confondent avec le service de la culture scientifique quand d’autres encore, ignorent même son existence. « C’est vrai qu’un service art et culture au sein d’une université sans filière artistique peut sembler, à première vue, surprenant, mais en réalité il est tout à fait essentiel que la diffusion de la culture et des arts soit au cœur des établissements de formation et de recherche », explique Éléonore Szturemski, responsable du service art & culture.

Sous la houlette de la direction vie des campus, le service art et culture voit le jour en 2009 avec pour objectif d’encourager et de développer l’ouverture des personnels et des étudiant.e.s à l’art et aux cultures contemporaines. « Réduire les disparités culturelles, participer à la construction d’une identité commune à l’UM à travers la création de liens sociaux, favoriser l’épanouissement individuel et bien sûr l’acquisition de compétences, telles sont nos ambitions » détaille la responsable. Des ambitions dans la droite ligne du parcours d’Éléonore qui, avant d’intégrer l’UM en 2010, avait déjà fait ses armes dans le milieu de l’audiovisuel parisien avant de s’installer à Montpellier pour intégrer l’association bande-annonce (Occitanie Films), puis la coordination de l’espace culture multimédia Kawenga.

Un programme en quatre actes

Elles sont trois aujourd’hui à assurer cette mission au sein du service, avec l’aide de deux volontaires en service civique et de deux emplois étudiants sur une partie de l’année. « Notre programmation est soutenue financièrement par la contribution vie étudiante et de campus (CVEC) et se décline en quatre grands axes » annonce Louise Robert, chargée de projets culturels formée à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Premier axe, les ateliers de pratiques artistiques pluridisciplinaires. Accessibles tout au long de l’année sur inscription, les ateliers abordent une large palette de pratiques allant de la musique assistée par ordinateur (MAO) à la création d’affiches en passant par le dessin botanique, la fabrication de bijoux, l’atelier de vitrail ou encore l’expression corporelle.

« Notre deuxième axe de travail est l’accueil et la résidence d’artistes au sein des campus, afin qu’au contact des étudiants et des personnels, ces derniers réalisent des projets artistiques, explique Louise Robert.  Nous hébergeons actuellement l’autrice et illustratrice de BD Émilie Plateau, ainsi que la plasticienne Ganaëlle Maury . » Avant elles l’illustratrice Aya Kakeda ou l’artiste Caroline Muheim , pour n’en citer que quelqu’un.e.s ont aussi été accueilli.e.s à l’UM.

Les différents évènements organisés sur les campus rythment également la saison du service art et culture. « La semaine de lutte contre l’homophobie, le mois des femmes avec Donner des Elles à l’UM, les Journées du Patrimoine ou encore les Nuits de la lecture sont autant d’invitations à l’ouverture d’esprit et à la curiosité artistique » souligne la chargée de projets. Des dispositifs comme Culturesponsable ou le Pass’Yoot viennent compléter cette offre en permettant à des personnels et étudiants d’aller à la rencontre des artistes dans les différents théâtres du territoire. « Toutes ces actions nous les menons en étroite collaboration avec nos nombreux partenaires, qu’il s’agisse des différentes directions et services au sein de l’UM mais également avec le service culturel du CROUS et le soutien de la DRAC Occitanie » poursuit Éléonore Szturemski.

Culture et résilience

A l’université comme ailleurs la culture souffre bien sûr du contexte sanitaire tendu dans lequel nous vivons depuis près d’un an. Pour autant la responsable et son équipe ne se sont pas résignées à l’attente et inventent de nouvelles propositions prenant en compte ces impératifs. « Comme nos artistes, on expérimente, on teste. L’objectif est de maintenir le lien avec les personnels et les étudiant.e.s même et surtout à distance. » Le concours de dessin Jungle intérieur de nos plantes, lancé sur Instagram, succède ainsi au concours photo Vues Intérieures qui avait très bien fonctionné lors du premier confinement.

« On développe notre présence en ligne via notre site internet et sur les réseaux sociaux, affirme Louise Robert. On réalise des webinaires, des livrets, des vidéos, tous les formats créatifs et numériques qui peuvent nous permettre de poursuivre notre action culturelle. On organise des rencontres autour de créations musicales comme les Dwichs confinés, on propose des lectures en ligne comme celles du collectif Muerto Coco sur le thème de la poésie et des révolutions croisées ». Une adaptation qui requiert inventivité, persévérance et résilience de la part de cette équipe dans un contexte où la culture nous semble plus que jamais une fenêtre sur l’extérieur. « Il ne faut pas oublier que ce nous proposons c’est avant tout des explorations, des rencontres inédites, des émotions et surtout du plaisir partagé » conclut Éléonore Szturemski.