Bienvenue dans l’émission co-produite par l’Université de Montpellier et Divergence-FM qui vous emmène en croisière dans les laboratoires de l’archipel Muse. Cette semaine nous mettons le cap au Sud, direction la Guinée confrontée depuis février dernier à une nouvelle épidémie d’Ebola dont l’origine serait la réactivation du virus chez un survivant.

On en parle avec Eric Delaporte et Alpha Keita (en direct de Conakry) chercheurs à l’IRD et auteurs d’une étude sur les formes longues d’Ebola.

Alpha K. Keita, chercheur guinéen et chercheur associé de l’IRD dans le laboratoire de confinement P3 de L’IRD à Montpellier, en train de procéder l’inactivation d’échantillons de sang potentiellement porteurs du virus Ebola. © IRD – Alain Tendero, Post Ebogui 2018

Le 14 février dernier, l’OMS déclarait la Guinée nouveau théâtre d’un foyer épidémique du virus Ebola. Ouvert sur la côte atlantique, ce pays francophone d’Afrique de l’Ouest s’étend entre la Guinée Bissau, le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone. En 2013 déjà, une épidémie partie là-aussi de Guinée, provoquait la mort de plus de 11 000 personnes et laissait 10 000 survivants avec des séquelles importantes. Avant d’être contrôlé en 2016, le virus tentait même une percée aux États-Unis et en Europe.

Si cette résurgence de la maladie n’est pas isolée, son origine étonne la communauté scientifique puisque le patient index ou patient zéro pourrait être un survivant de la précédente épidémie de 2013. Un changement de paradigme dans la façon d’envisager cette maladie qui s’inscrit dans le prolongement des découvertes publiées par nos deux invités. Eric Delaporte est médecin dans le service maladies infectieuses et tropicales au CHU de Montpellier et chercheur à l’Institut de recherche pour le développement. Alpha Keita est virologue à l’IRD également, il nous parlera en direct de Conakry où ses recherches le conduisent actuellement.

Tous deux sont membres de l’équipe TransVIHMI, dirigée par Eric Delaporte. Une unité de recherche qui rassemble de nombreux spécialistes du VIH et depuis plusieurs années d’Ebola. Ensemble, ils ont publié le 22 février dernier dans la revue Clinical Infectious Diseases un article mettant en évidence, dans la cohorte Post-Ebo-Gui, l’existence de formes longues de la maladie Ebola avec des symptômes toujours présents chez certains survivants quatre ans après leur infection. Une étude fruit d’une collaboration entre l’Inserm, l’IRD, les Universités de Montpellier et Conakry et le laboratoire guinéen Cerfig.