Au Grau-du-Roi, l’ancien centre hélio-marin du Boucanet accueillera bientôt l’institut des plages Gladys.

Sur le site du centre hélio-marin du Grau-du-Roi, anciennement rattaché au CHU de Nîmes, le ballet des engins de terrassement démarre à 7 heures. « Il faut y aller bon train pour tenir les échéances ! », commente sur place Frédéric Bouchette, alors que l’ouverture du futur institut des plages Gladys est annoncée pour fin 2020 – début 2021.

En mai dernier, le chercheur à Géosciences Montpellier (UMCNRSUniversité des Antilles) et futur directeur scientifique de l’Institut accordait une visite guidée du chantier de rénovation et d’aménagement du bâtiment destiné à accueillir demain les chercheurs membres du réseau Gladys (v.encadré). « Au départ, nous recherchions simplement un centre de stockage positionné à un emplacement stratégique et adapté à notre matériel de recherche », explique Frédéric Bouchette.

Missions multiples

Dès 2020, les véhicules (remorques, bateaux, jets-ski, quads), matériels de mesure (courantomètre, houlographe, pressiomètre, turbidimètre) et autres équipements de pointe – que les chercheurs du réseau Gladys stockent aujourd’hui dans leurs propres garages – seront centralisés à l’institut des plages. « Sous l’impulsion concertée de la région Occitanie et de l’Université de Montpellier, la mission de l’Institut des plages s’étendra bien au-delà du simple stockage de matériel », précise Frédéric. Futur point de ralliement de la communauté scientifique littoraliste abiotique et des entreprises partenaires du réseau de chercheurs, l’Institut doit en effet devenir, dès 2021, la nouvelle vitrine nord méditerranéenne de l’étude de la dynamique littorale. « Les activités de recherche fondamentale et de recherche et développement (R&D) seront associées à des actions de communication à l’attention du grand public, notamment en matière de sensibilisation à la restauration du littoral, à la préservation des plages sableuses et au développement raisonné des zones portuaires », détaille le futur directeur scientifique de l’institut.

Bâtiment hors-normes

Au sein d’une zone de 7 hectares arborée de pins centenaires en cours de renaturalisation (recréation du cordon dunaire entre autres), le bâtiment du futur institut des plages surplombe la mer. Dans ce cadre exceptionnel, à quelques dizaines de mètres du rivage, il accueillera plusieurs espaces répartis sur 1 500 mètres carrés, notamment un centre de recherche en hydro-morphodynamisme (v. encadré).

Composé d’une zone de bureaux destinée à accueillir les chercheurs, d’un vaste espace de stockage des véhicules et matériels de mesure et de deux zones techniques, l’une pour la plongée, l’autre dédiée à l’expérimentation scientifique, le bâtiment une fois aménagé disposera de bassins et d’un canal intérieur permettant la reconstitution artificielle de vagues ! Réparti sur deux étages, un autre espace sera réservé à l’accueil des entreprises pour partie partenaires du réseau Gladys et spécialisées dans la Recherche & Développement du littoral.

Protéger

Piloté par l’UM, financé par la Région Occitanie à hauteur de 500 000 euros via le versement d’une subvention CPER et par le réseau Gladys, le projet de création de l’institut des plages Gladys s’inscrit en plein cœur de l’un des trois enjeux majeurs pour le XXIe siècle portés par le projet Montpellier Université d’Excellence : « Protéger ». Avec pour ambition l’étude du littoral (évolution du trait de côte, mouvement des vagues, érosion côtière, élévation du niveau de la mer, risque de submersion…) et la proposition de solutions pérennes pour sa préservation face aux pressions naturelles et humaines (surpeuplement, urbanisation massive, pollution, …), l’institut devrait accueillir les premiers chercheurs membres du réseau Gladys (géophysiciens, physiciens, géomorphologues, mécaniciens, etc.) en 2021. Il ouvrira ses portes dans un second temps aux chercheurs universitaires extérieurs pour devenir alors le premier centre de recherche collaborative en hydro-morphodynamisme en France.