A compter du premier semestre 2022, l’UM recrutera et formera chaque année des étudiantes et des étudiants ambassadeurs pour intervenir auprès des lycéennes et lycéens de l’académie et les aider à mieux préparer leur projet d’orientation. Une action menée dans le cadre du dispositif Compas porté par l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 et le Rectorat.

« Les étudiants ambassadeurs sont les meilleurs relais auprès des lycéens parce qu’ils vivent eux-mêmes leurs années d’études et qu’ils sont capables, avec une formation en amont, d’expliquer le plus honnêtement possible leur expérience de l’université » explique François Mirabel, directeur du SCUIO-IP et doyen de la faculté d’économie. C’est dans cette optique que l’Université de Montpellier recrutera et formera chaque année, 100 étudiantes et étudiants afin qu’ils conseillent et accompagnent les lycéennes et lycéens de l’académie dans le choix de leur orientation. « Pour cette première année nous recrutons 20 étudiantes et étudiants à l’UM, ce sera 30 l’année prochaine. Les 70 restants seront issus d’autres établissements », précise le directeur.

Une meilleure transition lycée-université

Une action qui s’inspire de celle déjà mise en place il y a quelques années, pour les études en première année en santé, après que le SCUIO-IP a constaté le lobbying des prépas santé privées auprès des lycéens. « Il y avait là un vrai facteur d’inégalité sociale qui, en plus, taisait l’efficacité du tutorat gratuit qu’on trouve à l’UM et qui permet d’avoir des résultats souvent meilleurs que ceux des étudiants en prépas privées. » Une initiative que l’UM étendra à toutes les filières de tous les établissements d’enseignement supérieur engagé dans le projet Compas.

Compas, pour « construire et mûrir son projet d’accès au supérieur » est un nouveau dispositif d’aide à l’orientation pour les lycéens, porté par l’Université Paul-Valery Montpellier 3 et le Rectorat, auxquels s’associent les universités de Montpellier, Nîmes et Perpignan, l’école supérieure d’architecture, l’école des Mines d’Alès et les 8 réseaux constitués par les 127 lycées de l’académie. Un projet sur 10 ans, élaboré dans le cadre du troisième volet du programme d’investissement d’avenir « PIA 3 », qui a donc décroché une enveloppe de 5,6 millions d’euros pour atteindre ses objectifs. « Le point central c’est de gagner en efficacité en termes d’orientation et d’avoir une relation plus fine et mieux structurée avec les lycéens, les professeurs principaux, les conseillers d’orientation… » poursuit François Mirabel.

Plus d’efficacité pour plus d’égalité

Ce que le dispositif vise in fine, c’est l’accès à une plus grande égalité pour tous les lycéens et lycéennes. Égalité sociale en informant mieux sur les dispositifs d’aide existants. Égalité territoriale en allant chercher les lycées les plus éloignés, si nécessaire avec l’aide du numérique. Égalité entre femmes et hommes enfin, en déconstruisant les stéréotypes de genre encore trop influents dans les choix d’orientation. « Chaque étudiant et étudiante doit trouver une finalité à son projet d’étude, pour se projeter dans sa vie d’étudiant et dans sa vie professionnelle future. »

Pour atteindre cette égalité, chaque partenaire a proposé de porter une ou plusieurs actions. « Celle que nous portons demande un investissement important que nous sommes heureux de fournir », souligne François Mirabel dont le service assurera le recrutement des étudiants et leur formation. « Ils devront être capables de conseiller au-delà de la filière qu’ils étudient : sur la structuration des études à l’université, les dispositifs d’aide, les services d’accompagnement, la vie étudiante… Il leur sera également proposé de réaliser une courte vidéo afin de « composer au fil des ans, une bibliothèque de témoignages pour les lycéens ». Le directeur envisage même la mise en place d’une certification pour valoriser cette formation.

9 actions, 5 acteurs

Paul Valéry propose de son côté la réalisation de 1000 portraits d’étudiants en SHS LLA* et des expériences d’immersion et d’échanges avec les visites virtuelles d’établissements ou encore les « Direct-Live de l’orientation ». Le rectorat en charge du suivi des parcours des lycéens aura également pour missions la formation et l’outillage de médiateurs de l’orientation et la mise en place d’un espace numérique de travail dédié à l’orientation des lycéens.

Si l’Université de Perpignan a choisi de se concentrer sur la lutte contre les discriminations, celle de Nîmes aura à sa charge la question du continuum pédagogique entre lycée et université. Une vraie nécessité pour François Mirabel qui déplore le manque d’échanges entre secondaire et enseignement supérieur « sur ce qui attend les étudiants en termes de pré-requis, d’aptitudes, et de connaissances quand ils entrent à l’université. Les méthodes de travail, l’autonomie, la gestion de temps…Tous ces éléments doivent faire l’objet de discussions entre les équipes pédagogiques. » Le LIRDEF, le LAGAM et le Cereq, trois laboratoires partenaires du projet, assureront l’évaluation des actions, « une étape indispensable pour nous permettre d’évoluer et qui doit se faire de manière scientifique et autonome» conclut François Mirabel.

*Sciences humaines et sociales, langues, littérature et arts.