Cette semaine dans A LUM LA SCIENCE Sébastien Desbureaux, économiste au CEE-M, nous parle de la compensation écologique dans la mine d’Ambatovy à Madagascar. En deuxième partie d’émission Amrin revient pour sa chronique start-up. Enfin la séquence reportage nous emmène au BricoLab de l’Institut Agro en compagnie de Guilhem Brunel.

« Eviter – Réduire – Compenser ». Cette devise, appelée dans le jargon séquence ERC, ne vous dit rien, elle est pourtant au cœur de la politique écologique française depuis juillet 1976 et la loi de protection de la nature. Son objectif ? Amener les grands aménageurs à éviter ou à réduire l’impact négatif des infrastructures et de leur fonctionnement sur l’environnement et, quand cela n’est pas possible, à compenser les impacts résiduels qui n’auraient pu être évités.

Une belle avancée sur le papier dont les effets restent très limités sur le terrain en raison du flou entourant ces règles. Il faudra attendre 2012 pour que le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie précise ses règles, en se basant notamment sur les apports d’un groupe de travail créé en 2010 et réunissant des représentants d’ONG, de maîtres d’ouvrage et bureaux d’études. Au cœur de ces enjeux : une meilleure application du principe bien sûr mais aussi un meilleur contrôle de ces applications.

Et qui dit contrôle dit donc évaluation. Comment s’assurer en effet que la compensation sera juste, à la hauteur des dégâts occasionnés, effective dans l’espace et le temps et permettant une « non perte nette de biodiversité » ?

Et au final compenser n’est-ce pas déjà perdre ? N’est-ce pas autoriser les aménageurs les plus puissants à détruire sous prétexte qu’il pourrait payer ? En 2019 une équipe pluridisciplinaire française menée entre autre par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), concluait, après avoir analysé  24 projets d’infrastructures autorisés par l’État, que pour 80% d’entre eux  la compensation environnementale n’était pas assez exigeante ou inadaptée.

Et qu’en est-il dans le monde ? Des scientifiques de l’Université de Bangor au Royaume-Uni et du centre d’économie de l’environnement de Montpellier (le CEE-M) se sont penchés sur le cas du site d’extraction minière d’Ambatovy à Madagascar se présentant comme leader de l’exploitation minière durable. Leur étude, indépendante, publiée en mars 2022 dans Nature Sustainability suggère, avec quelques nuances, que cette stratégie aurait permis de sauver autant de forêt que ce qui a été perdu sur le site minier.

Une bonne nouvelle que nous détaillons et interrogeons avec Sébastien Desbureaux du CEE-M qui a participé à cette étude en tant que chercheur en économie.

En deuxième partie d’émission Amrin Nagamia nous rejoindra pour sa chronique start-up et aujourd’hui elle nous parle de l’entreprise Semaxone créatrice d’une innovation destinée aux pilotes d’avion.

Enfin la séquence reportage nous conduira tout droit à l’Institut Agro ou vient d’être inauguré un tout nouveau lieu, l’AgroFabLab. Un laboratoire pas comme les autres, composé de 3 espaces : le MiamLab, le BioLab et le BricoLab. C’est cet espace de création manuelle autour de l’agriculture numérique et de l’environnement que Guilhem Brunel nous fait découvrir.