Cinq ans après l’obtention du label national « Développement durable et responsabilité sociétale » (DD&RS), Polytech Montpellier confirme sa position pionnière dans cette démarche en remportant cette année, le prix « Établissement responsable de l’année » des trophées des campus responsables francophones. Une distinction qui couronne ainsi dix années d’engagement et de mobilisation au sein de l’école d’ingénieur.

Les trophées des campus responsables récompensent les établissements d’enseignement supérieur ayant mis en œuvre les projets de développement durable les plus inspirants et les plus innovants. 27 projets ont été présentés cette année, par 19 campus français et internationaux mobilisés pour la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux dans leurs activités et leurs enseignements.

Polytech Montpellier s’est imposé dans la catégorie reine du concours : Etablissement responsable de l’année. Pour postuler, chaque candidat devait présenter un projet mis en œuvre depuis plus de cinq ans. « À Polytech nous avons pris cet engagement dès 2010, explique le physicien Jean-Louis Bantignies, chargé de mission DDRS au sein de l’école. Alors cette année nous nous sommes dit que nous étions matures pour cette candidature et que nous avions quelques arguments à défendre. »

Un bel euphémisme puisque c’est un programme d’action quasi-exemplaire que l’équipe de Polytech, menée par son directeur Lionel Torres, a développé sur le campus au fil des ans. « Cette dynamique n’est pas née du jour au lendemain, elle a pris de l’ampleur au fur et à mesure que nous nous rendions compte de l’importance qu’il y a à former les ingénieures aux enjeux liés au DDRS. Aujourd’hui c’est un axe stratégique de notre politique ». En 2016 déjà, Polytech Montpellier faisait partie des dix premiers établissements d’enseignement supérieur français à décrocher le label national DD&RS. Une reconnaissance renouvelée en 2020.

Une approche transversale

C’est en 2012 plus précisément, que l’école décide de structurer son action DDRS en partant de la loi-cadre, édictée lors du Grenelle de l’environnement (2009), identifiant les grands axes du développement durable et de la responsabilité sociétale. Formation, gouvernance, gestion environnementale, politique sociale et ancrage territoriale, recherche et innovation, par l’intermédiaire de ses enseignants-chercheurs et chercheuses et de ses personnels, la démarche de Polytech Montpellier se veut transversale. Objectif premier, que chaque élève, quelle que soit sa spécialité, soit sensibilisé à ces enjeux.

Pour cela « chaque étudiant.e passe un test – le Polytest – qui lui permet d’évaluer sa connaissance des grands objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Conçu chez nous, ce test sera bientôt déployé dans l’ensemble du réseau Polytech français rassemblant quinze écoles d’ingénieur et quatre écoles associées » explique Lionel Torres. « Pour nous il s’agit de la première brique de la formation et de la sensibilisation pour ensuite embrayer sur un module transversal de compréhension des enjeux de transition écologique. Il sera mis en place pour la rentrée 2021/2022 et constituera un socle d’apprentissage commun à tous nos étudiant.e.s » complète Jean-Louis Bantignies.

Par les étudiant.e.s pour les étudiant.e.s

Et c’est bien là l’ADN de la démarche DDRS engagée par Polytech : une dynamique pour les étudiant.e.s par les étudiant.e.s. En témoigne l’organisation de cycles de conférences autour des enjeux DDRS. On se souvient, l’an passé, du succès de l’intervention de l’ingénieur spécialiste de l’énergie et du changement climatique Jean-Marc Jancovici. « Ce sont les étudiant.e.s qui choisissent les invités, qui les contactent, qui animent la soirée… Nous sommes là derrière en soutien mais ce sont eux les vrais acteurs » insiste le directeur. On citera également le prix national Ecotrophelia sur l’innovation alimentaire remporté l’année dernière par Polytech grâce à l’initiative des étudiant.e.s ou encore le club Poly‘Earth qui, depuis 2017, participe activement à la politique DDRS de l’établissement.

L’année prochaine, l’école ira encore plus loin en proposant aux élèves un outil de mesure de l’impact carbone généré par leurs mobilités internationales. Présenté sous forme d’une plateforme conçue là-aussi par des élèves de Polytech, cet outil baptisé Mobilan « a pour ambition de les inciter à mieux choisir leurs modes de déplacement (avion, train, bus ou autres) en prenant en compte, non plus seulement le prix ou la rapidité mais aussi et surtout leur empreinte carbone » poursuit Lionel Torres.

Une politique d’amélioration continue

Des outils de mesure qui participent à la politique d’amélioration continue prônée par Polytech. Un impératif selon Jean-Louis Bantignies : « Il y a souvent autour de ces questions de DDRS des problèmes de méthode. Quand on se fixe des objectifs sur le moyen terme, il faut des points de passage pour les réaliser. On ne mesure pas assez les choses, il faut de façon périodique regarder où l’on en est, adapter les moyens en fonction des résultats, c’est grâce à des mesures d’indicateurs DDRS qu’on enclenche une dynamique d’amélioration continue solide ». L’école a d’ailleurs recruté dès 2014 un ingénieur qualité dont la mission est de mesurer cette progression. Le groupe de travail spécialement constitué pour piloter la mission DDRS est aujourd’hui composé de six personnes et est complété sur le versant formation par une commission réunissant les référent.e.s de chaque filière d’ingénieur.

Tous les deux ans, l’école d’ingénieur réalise ainsi un bilan synthétique de son activité. « Sur ces deux dernières années nous avons listé 115 actions de sensibilisation et de communication sous forme de conférences, de soirées, d’articles, de newsletters, de communiqués de presse… » détaille Lionel Torres. Le bilan carbone de l’école est quant à lui réalisé de façon pluriannuelle par un enseignant ayant développé une expertise spécifique, accompagné d’un ou deux trinômes d’étudiant.e.s chargé.e.s de mesurer les éventuelles progressions. « Ce n’est pas toujours simple, nous n’avançons pas toujours aussi vite que nous le souhaiterions mais c’est ce travail d’auto-évaluation qui nous permet de garder le bon cap et d’explorer les angles morts » conclut Jean-Louis Bantignies.