Sitevi : le Pôle universitaire d’innovation au chevet de la vigne et du vin

Les acteurs de la vigne et du vin du Pôle universitaire d’innovation (PUI) de Montpellier ont participé au salon international SITEVI qui a rassemblé les filières viticole, vinicole, arboricole et oléicole au parc des expositions du 25 au 27 novembre dernier. L’occasion de proposer aux professionnels des solutions d’avenir dans le domaine de la recherche, de la formation, et de l’innovation.

Ces dernières années, la filière viticole a subi des mutations inédites : évolution des pratiques professionnelles, chute des consommations, dérèglement climatique… Autant de bouleversements qui nécessitent des solutions nouvelles. Alors à l’occasion de l’édition 2025 du salon Sitevi, qui a accueilli près de 1000 exposants et plus de 50 000 visiteurs, la présence du PUI, piloté par l’Université de Montpellier était une évidence.

Une évidence également pour les quelques 150 visiteurs venus à leur rencontre sur le stand « Ensemble pour des vignobles d’avenir » que l’UM animait avec l’Inrae, et l’Institut Agro (membres du PUI), mais aussi l’IFV, SudVinBio, la Chambre d’Agriculture d’Occitanie et Unisson. Sept acteurs et partenaires de la R&D, de l’innovation et de la formation – avec les équipes pédagogiques du diplôme national d’œnologie et du CFA EnsupLR – réunis pour répondre aux questions des étudiantes et étudiants, fournisseurs, producteurs, scientifiques et des collectivités… Et même de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard très intéressée par les forces vives du PUI.

Lever des verrous

« J’ai rencontré une quinzaine d’entreprises qui veulent être mises en relation avec des laboratoires capables de lever les verrous auxquels elles sont confrontées. Il y a notamment une entreprise productrice de fertilisants et une autre issue du secteur de l’eau, qui souhaitent travailler sur leurs pratiques ou celles des producteurs en matière de consommation », explique Sophie Marron, chargée d’innovation pour l’Inrae en charge de l’animation de la feuille de route vigne et vin du PUI.

Curieux des avancées scientifiques et technologiques qui pourraient les aider à monter en puissance, les entrepreneurs présents ont pu échanger avec les chercheurs de Vinid’occ, le défi clé lancé par la Région Occitanie, mais aussi avec une dizaine de starts-up en lien ou issues de la recherche publique qui proposent des solutions numériques innovantes. « Un espace leur était dédié pour qu’elles puissent rencontrer des clients ou partenaires potentiels et surtout montrer leur innovation », détaille encore Sophie Marron. Les chercheurs présents ont également participé à plusieurs conférences pour présenter les enjeux des produits phytosanitaires, les expérimentations en cours, ou encore le développement du “no-low”, tendance qui consiste à produire un vin très peu alcoolisé, ou totalement soft…

« Le changement climatique a été un marqueur important »

Le PUI a aussi proposé une présentation de l’unité expérimentale du domaine de Vassal, sorte de conservatoire dédié à la caractérisation génétique de la vigne située à Marseillan-plage. Regroupant près de 8500 espèces issues d’une cinquantaine de pays, cette collection répond à un défi passionnant « de sauvegarde du patrimoine génétique », ajoute Sophie Marron. « Mais avec le risque de submersion lié à la montée des eaux, et à la salinisation des sols, il est prévu de transférer le domaine vers l’unité expérimentale de Pech Rouge, à Gruissan dans l’Aude », poursuit la chargée de développement de partenariats à l’Inrae, institut à la manœuvre dans cet étonnant chantier à venir.

A l’occasion de séances de dégustation, les sept partenaires du stand ont enfin proposé aux passants de découvrir les cépages résistants développés dans le sud. En effet, la filière de la vigne et du vin fait face à des difficultés majeures aux quatre coins du pays. Tandis que les consommateurs se détournent de ce nectar emblématique du patrimoine français, le dérèglement climatique menace les productions et fait monter les degrés d’alcool en flèche. Une double peine contre laquelle les acteurs du PUI, dont le réseau dédié à la vigne est l’un des plus denses de France, travaillent d’arrache-pied. « Pour nous, le changement climatique a été un marqueur important, parce qu’on a été touché plus tôt que les autres », se souvient Gaspard Lépine, chargé de projet PUI pour l’Inrae, à Montpellier et au niveau national.

Un virage qui correspond aux attentes

Pour faire face à ces risques, les chercheurs planchent donc activement sur les cépages résistants au stress hydrique et thermique, mais également sur les cépages résistants aux maladies. « Nous travaillons aussi sur la transformation des pratiques culturales pour que les viticulteurs s’adaptent au mieux au changement climatique… Comme avec le recours à l’enherbement, par exemple ».

Au sein du PUI, les chercheurs s’activent aussi à soutenir les viticulteurs sur le levier « transformation », pour les aider à rectifier l’acidité et la forte teneur en sucre des vins soumis aux chaleurs caniculaires qui ponctuent désormais tous les étés du grand sud. « C’est un sujet très important en ce moment, parce que c’est un virage qui correspond aux attentes des consommateurs. La transformation de la bière sans alcool a été plus performante que celle du vin. Sur le vin blanc, la désalcoolisation fonctionne très bien, mais nous avons un peu plus de difficultés sur le vin rouge », confie Gaspard Lépine. Valorisation, amélioration, désalcoolisation, adaptation… Autant d’axes de recherche cruciaux pour arriver à soutenir un monde viticole en pleine crise.