L’Université de Montpellier et la fondation du Jardin des plantes lancent une grande campagne de financement participatif pour la réhabilitation de l’intendance située au cœur du Jardin des plantes. Particuliers, étudiants, commerçants, Montpelliérains de souche, de cœur ou de passage, contribuez à faire de cet édifice, dont l’histoire remonte au 16e siècle, un nouvel espace de partage des connaissances et de convivialité dans un des plus beaux lieux de la ville !

Flâner dans l’école forestière, admirer les succulentes de la serre Martins, écouter le chant des grenouilles dans le bassin des lotus ou lire à l’ombre des cyprès de la grande allée en compagnie d’un chat peu farouche… Les Montpelliérains de toutes générations connaissent bien les petits plaisirs que réserve ce lieu à part : le Jardin des plantes. Nombreux sont ceux qui rêveraient de pouvoir un jour y savourer un café, y admirer une exposition ou venir y écouter une conférence. Un rêve bientôt accessible grâce à la participation de tous et toutes.

Un fonds de dotation ouvert à tous les publics

L’Université de Montpellier, propriétaire des lieux, et la fondation d’entreprise du Jardin des plantes, qui a déjà contribué à la réhabilitation de l’orangerie et de l’école de systématique en 2017, lancent cette fois un fonds de dotation pour la rénovation du bâtiment de l’Intendance. « Le message que nous souhaitons faire passer aux Montpelliérains est simple, déclare Philippe Augé, président de l’université, nous leur demandons de nous aider, à la hauteur de leurs moyens bien sûr, mais de nous aider, parce que restaurer le jardin des plantes c’est restaurer un patrimoine qui nous est commun ». A la tête de ce fonds de dotation, Françoise Panthène, médecin et ancienne étudiante de la faculté de Montpellier, détaille les besoins : « Le but est d’inciter les gens à s’approprier ce projet, qu’ils soient fiers d’en être acteurs, d’apporter leur petite pierre à un grand projet. »

Une somme qui s’ajoutera donc à l’importante contribution de la fondation du jardin des plantes rassemblant déjà 25 entreprises sous la présidence de Claude Cazes, directeur du cabinet d’expertise comptable Cazes Goddyn et membre du conseil d’administration de l’UM. « Nous sommes 25 entreprises à nous être chacune engagée à verser 9000 euros par an pendant 5 ans. Le coût du projet de l’Intendance est supérieur mais nous comptons sur d’autres financements, l’Université bien sûr, le secteur public et les citoyens. De l’étudiant qui vient tous les jours et qui aurait envie de donner 5 ou 10 euros jusqu’à des ménages ou des commerçants un peu plus à l’aise et qui souhaiteraient voir ce beau bâtiment, fermé depuis si longtemps, rouvrir. »

Une histoire en colimaçon

Un bâtiment qui n’a pas toujours eu la forme que nous lui connaissons aujourd’hui, délabrement mis à part. À l’époque de la création du Jardin des plantes en 1593, son fondateur le médecin Richer de Belleval construit à l’emplacement actuel de l’intendance une maison dans laquelle il réside et où l’on trouve un amphithéâtre et une petite chapelle. Il y entrepose une collection d’objets naturalistes puis, curiosité, construit un labyrinthe en colimaçon descendant jusque dans la nappe phréatique située sous le jardin et dans lequel il cultive les plantes des sous-bois. « Ce labyrinthe est un vestige qui a disparu semble-t-il à la fin du 18e siècle, raconte Thierry Lavabre-Bertrand actuel directeur du Jardin des plantes. Si au cours des travaux nous arrivons à le retrouver et à le restaurer, ce sera quelque chose de formidable et d’unique au monde qui nous rappellera l’histoire de la botanique et les heures glorieuses de ce jardin. »

La maison de Richer de Belleval perdure jusqu’à la révolution avant d’être très largement reconstruite dans les toutes premières années du 19e siècle « mais semble-t-il en englobant la maison précédente. C’est cette forme que nous pouvons voir actuellement » poursuit le directeur. Elle demeurera la résidence du directeur du jardin jusqu’en 1815 où elle devient également le siège du rectorat. « À l’époque Augustin Pyramus de Candole cumulait la double fonction de directeur du jardin et recteur, il a donc installé le rectorat dans le Jardin et les recteurs successifs ont trouvé les locaux à leur goût. » L’intendance quitte donc à cette époque le giron de la Faculté de médecine à laquelle elle était rattachée pour devenir propriété du Rectorat… jusqu’à maintenant. C’est en effet le 18 décembre dernier que le rectorat, l’État et l’UM ont pu signer une nouvelle convention actant son retour dans le patrimoine universitaire.

Vers un nouveau chapitre

Ainsi c’est une nouvelle page qui s’ouvre désormais pour l’intendance. Elle retrouvera d’une part sa fonction de siège administratif du jardin et deviendra d’autre part un lieu d’enseignement, de présentation de collections et de familiarisation du grand public aux sciences naturelles et à la botanique. « Une seconde convention de partenariat signée entre l’Université et le Rectorat permettra notamment d’y organiser une série de manifestations de nature éducative » souligne Philippe Augé.

Tous s’accordent enfin sur la nécessité de faire de l’intendance « un lieu ouvert ». « Qui soit participatif, avec une cafétéria et dans le respect qui est dû à un lieu aussi précieux » pour Françoise Panthène. « Un espace de rencontres intégré dans la vie culturelle de la cité pour que sa beauté rayonne encore davantage » pour Claude Cazes. Un lieu unique au cœur de Montpellier où pour chacun de nous, il fera toujours bon lire à l’ombre des cyprès, flâner dans les allées, écouter les grenouilles et parler aux chats… Avant de nous rejoindre à l’Intendance.

Pour plus d’informations sur le don en ligne retrouvez nous sur www.intendance-montpellier.com