Ils sont six. Ils sont étudiant.e.s en apprentissage à l’IUT de Béziers en deuxième année de Réseaux et télécommunications. Leur prof leur a proposé de participer au concours « Je filme ma formation »[1]. Ils ont filmé leur formation. Ils ne s’attendaient pas à gagner. Ils ont gagné.

C’est en reprenant le célèbre format de la série « Bref » que Flavien, Florian, Oriane, Joris, Bastien et Edouard, six étudiant.e.s en DUT par alternance « Réseaux et Télécommunications » à l’IUT de Béziers, ont remporté un Trophée d’Or au concours national « Je filme ma formation ». Tout part d’une proposition de Frédéric Comby, leur professeur de réseaux, que la petite équipe accepte essentiellement « pour le fun ».

Vite fait, (très) bien fait !

Bastien et Florian, amateurs de la série Bref, proposent d’adopter ce format, « très court, très rythmé, qui permet de donner beaucoup d’informations sans ennuyer les gens et surtout en les faisant rire » explique Oriane. Partagé entre les cours et le travail en entreprise, le temps file pour les six étudiant.e.s qui n’ont que leurs soirées pour s’improviser vidéastes. « Finalement c’est une semaine avant la date limite que nous avons vraiment commencé » raconte Joris. Un script et des plans caméras écrits en deux jours. Un tournage réalisé en une soirée et un montage assuré par Florian (personnage principal de la vidéo) dans un temps tout aussi record !

Leur vidéo rejoint alors les 279 autres sélectionnées dans 450 établissements français. Crise sanitaire oblige, la grande cérémonie de remise des prix, habituellement organisée au Grand Rex, se fait sans public (émission à voir ici). C’est donc via leur webcam et chacun chez eux qu’ils vivront ce moment. « On voyait bien que notre vidéo était plutôt bonne mais de là à gagner » s’étonne encore Bastien.

Coup de projecteur

Une « véritable fierté » pour Philippe Pujas, directeur de l’IUT de Béziers, séduit lui aussi par la tonalité humoristique et moderne d’une vidéo qui n’hésite pas à jouer avec les clichés du geek : « Elle illustre très bien la façon dont nous gouvernons l’IUT, la proximité que nous avons avec nos 550 étudiant.e.s. » Avec cette victoire, c’est un très beau coup de projecteur offert à une formation mal connue et sur laquelle « il n’est pas facile de communiquer » ajoute le directeur. En cause la méconnaissance des métiers du secteur Réseaux et télécommunications, « le public et les étudiant.e.s pensent tout de suite au réparateur de la box internet alors que c’est bien plus riche et technique que cela » poursuit Philippe Pujas.

« Nous, on œuvre un peu dans les dessous de l’informatique » commente Oriane qui effectue son apprentissage à la communauté d’agglomération de Nîmes dans la cyber sécurité. Bastien et Joris se sont quant à eux tournés vers la téléphonie. « Je travaille pour Téléconcept et je suis spécialisé dans les appels malade en maison de retraite ou en milieu hospitalier » explique ce dernier. « Moi j’installe et je maintiens le réseau téléphonie dans les entreprises » poursuit Bastien employé par la société Alliance Télécom.

30 000 postes à pourvoir

« C’est un secteur où les entreprises annoncent plus de 30 000 emplois non pourvus alors que seulement 1500 étudiant.e.s sortent diplômés chaque année, déplore Philippe Pujas. Il y a un vrai problème de recrutement lié au manque de lisibilité de ces métiers. Nous avons aussi des difficultés à recruter des filles alors que ce n’est pas une activité genrée. » Dans ce contexte, l’IUT espère que cette vitrine nationale permettra non seulement de mettre en valeur les IUT et l’apprentissage mais aussi de susciter des vocations chez les jeunes.

Quant à nos six vidéastes, si leur formation s’achèvera en août prochain, le film ne s’arrête pas là. École d’ingénieur pour Oriane, licence professionnelle pour Bastien ou mobilité à l’étranger pour Joris, tous les scénarios sont possibles pour une happy end d’ores et déjà programmée !

[1] Le concours est organisé par le CanaldesMétiers.tv sous le haut patronage du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, du Ministère du Travail et du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation