En septembre prochain, neuf parcours de master verront le jour à l’Université de Montpellier dans le cadre du programme baptisé IDIL. Leurs nouveautés ? Des étudiants immergés en laboratoire six mois par an, des cours dispensés en anglais et des programmes interdisciplinaires. Mathieu Sicard et Agnès Fichard-Carroll sont les co-porteurs de ce projet.

A la rentrée prochaine, l’UM ouvrira huit nouveaux parcours de masters et un parcours d’ingénieur, tous exclusivement dispensés en anglais. Pourquoi ce choix de l’anglais ?
M.S :
Très clairement ces parcours en anglais permettent d’accroître l’ouverture de l’UM à l’échelle internationale, en particulier vers les étudiants capables d’étudier en anglais. Nous y attendons jusqu’à 30% d’internationaux, le reste de l’effectif sera composé des étudiantes et étudiants français pourvu qu’ils attestent d’un certain niveau d’anglais.

A.F-C : La mobilité entrante sera notamment favorisée par un accompagnement des étudiantes et étudiants : cours de Français Langue Etrangère (FLE) et aide financière pour le voyage par exemple.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de Structuration de la formation par la recherche (SFRI). C’est un appel à projet que l’UM avait remporté en juillet 2020 ?
M.S :
Exactement, le projet a été initialement rédigé et porté par Agnès Mignot, il s’appelait alors UMGS pour University of Montpellier graduate school et avait décroché une enveloppe de 12 millions d’euros. Agnès Fichard-Carroll et moi avons repris le portage de ce « graduate program » en mai dernier sous le nom d’IDIL pour InterDisciplinary In Lab.

Les parcours de master estampillés IDIL sont qualifiés d’innovants pédagogiquement. Que proposent-ils de nouveaux aux étudiants ?
M.S :
IDIL promeut l’apprentissage par et pour la recherche. Dès le master 1, les étudiants se verront proposer six mois gratifiés en immersion dans un laboratoire. La deuxième caractéristique est une large ouverture du master à l’interdisciplinarité et un rôle inédit donné au mentorat.

A.F-C : L’assurance d’avoir une gratification de stage doit permettre, je l’espère aussi, à des étudiantes et étudiants qui ont des difficultés financières, de moins hésiter à se lancer dans un master.

Qui seront ces mentors et quel sera leur rôle ?
M.S :
Les mentors seront des chercheurs ou des enseignants-chercheurs dont le rôle sera d’encadrer et d’accompagner un étudiant tout au long de son stage in lab mais pas seulement. Chaque mentor s’engage à lui présenter d’autres chercheurs, à le guider dans ses lectures, dans le choix de ses cours, des conférences auxquelles il peut assister…

Tous les chercheurs peuvent-ils être mentor ?
M.S : Oui tous les chercheurs appartenant à des unités impliquées dans le programme Muse. Leur champ disciplinaire doit correspondre à un des neuf parcours proposés. Les mentors seront reconnus pour leur engagement dans la formation des étudiants IDIL.

Les étudiants seront six mois en laboratoire et donc le reste de l’année sur les bancs de l’Université. Comment se structurera cette partie enseignement ?
M.S :
On ne peut pas être six mois dans un laboratoire et avoir autant d’unités d’enseignement que les autres. Les étudiants choisiront leurs unités principales, qu’on appelle « unités cœur » dans un catalogue. Là encore le mentor aura un grand rôle à jouer en orientant l’étudiant vers les cours les plus adaptés à ce qu’il fera en laboratoire.

Ils partageront les mêmes cours que les étudiants inscrits dans des masters classiques ?
M.S :
Oui, ces masters seront ancrés dans des parcours existants, ce qui sous-entend que les unités d’enseignement concernées devront passer en anglais ou au moins en version bilingue.

A.F-C :  Les plannings peuvent être de vrai casse-tête pour les équipes. Il s’agit bien de ne pas chambouler l’existant mais de s’y adosser. Le passage en anglais quand l’enseignant ne souhaite pas ou ne peut le faire, sera accompagné, par exemple en traduisant le cours, des financements sont prévus pour cela.

Dans quelles disciplines se déclinent ces parcours de master ?
M.S : Il y en a huit : écologie, biologie-santé, agrosciences, chimie, science-politique, management, modélisation et géologie-hydrologie. Ce ne sont que les premiers. Le programme est prévu pour durer huit ans et nous offre la possibilité d’ouvrir jusqu’à 30 parcours. Le parcours d’ingénieur fonctionne sur les mêmes modalités d’immersion en laboratoire mais concerne les étudiants en formation à l’École de chimie, à l’Institut-Agro et à Polytech. Il est d’ailleurs déjà préfiguré dans le Parcours-Recherche-Ingénieur qui s’est ouvert en 2021.

A.F-C : Il faut noter que ces parcours sont adossés à des mentions portées par différentes composantes de l’Université, le projet stimule aussi les échanges inter-composantes.

Vous parlez d’ouverture à l’interdisciplinarité en quoi le sont-ils ?
M.S :
Ce ne sont pas des masters interdisciplinaires, les étudiants sortent avec un diplôme dans leur mention. Par contre à côté de leurs « unités cœur » ils pourront choisir des unités « d’ouverture » qui proposeront une initiation aux disciplines des autres parcours. Un étudiant en hydrologie-géologie pourra ainsi suivre une unité d’ouverture en science politique ou en management.

Quel est l’étudiant ou l’étudiante idéal(e) de ce master ?
M.S : Ce n’est pas forcément le meilleur élève académique, si c’est le sens de la question. Nous ne voulons pas en faire un parcours élitiste. L’étudiant ou l’étudiante idéal(e) est autonome, mature, il ou elle a une vraie appétence pour la recherche et l’interdisciplinarité et souhaite expérimenter de nouvelles méthodes pédagogiques. Il sait parler anglais mais je le répète ce programme est ouvert aux français et aux internationaux.

A.F-C : Il faut aussi que les étudiantes et les étudiants IDIL apprécient le travail collaboratif. Ils doivent être vraiment, même s’ils seront accompagnés, des acteurs de leur formation.

Vous êtes prêts pour la rentrée 2022 ?
Nous travaillons encore sur certains détails de l’offre de formation IDIL mais oui nous serons prêts. Nous allons recruter les mentors et nous invitons bien sûr tous les chercheurs et enseignants-chercheurs tentés par l’aventure du mentorat, à nous rejoindre. Les étudiants eux pourront postuler dès les mois de mars-avril.

Chercheur ou chercheuse, le mentorat vous intéresse ? Prenez contact avec les responsables du master correspondant à votre champ disciplinaire. Vous pouvez également contacter Clémence Breuil chargée du projet IDIL ou ses co-porteurs Mathieu Sicard et Agnès Fichard-Carroll.  

Graduate school ?

Dans le modèle anglo-saxon la graduate school correspond au niveau master et doctorat. En référence à cette structuration, le projet IDIL s’adresse également aux doctorants et proposera dès 2023, le financement de 12 contrats doctoraux orientés eux aussi vers l’interdisciplinarité.

Etudiant, chercheur, le programme gradué IDIL vous intéresse ? Plus d’information sur le site internet.