La Faculté d’odontologie expérimente la formation pratique de ses étudiants sur simulateurs virtuels. Un dispositif innovant quasi unique en France.

En septembre 2018, la réalité virtuelle faisait son en­trée à la Faculté d’odontologie. Cinq simulateurs hap­tiques[1] – parmi les tout premiers en France – étaient inaugurés dans le cadre de la restauration de deux salles de travaux pratiques. Un premier pas historique vers la dématérialisation de la formation des étudiants en médecine bucco-dentaire. « Le travail sur simulateur permet aux étudiants d’affiner l’apprentissage des gestes techniques. Il permet, en outre, d’acquérir les mêmes compétences que le travail sur dent en résine mais de façon plus écologique et plus économique », expliquait récemment Jean Valcarcel, doyen de la faculté.

Formation personnalisable

Chargés de former à l’usage de ces nouvelles machines, Ivan Panayotov et Bruno Picart proposent aujourd’hui aux étudiants qui le souhaitent de s’entraîner, de s’évaluer et de progresser en toute sérénité sur ces simulateurs. Durant des séances libres d’une heure, chaque étudiant se voit alors attribuer une machine sur laquelle il peut effectuer une série d’exercices de dextérité manuelle.

« L’étudiant choisit le type d’exercice et les instruments dont il a besoin. Il procède ensuite à l’excavation des tissus carieux, phase durant laquelle le simulateur de réalité virtuelle lui permet de visualiser sur un écran l’ensemble de ses gestes et – surtout – de ressentir physiquement la différence dans la résistance des tissus dentaires (carie, émail, dentine) au forage ! Les exercices sur simulateur permettent ainsi aux étudiants de travailler dans des conditions proches des conditions réelles de travail sur les patients et d’améliorer leur dextérité manuelle en vision directe et surtout en vision indirecte (avec miroir) », précise Ivan Panayotov avec ses collègues Bruno Picart, Sofia Dubois et Marie Ceccotti, qui observent et évaluent en direct, durant chaque séance, le travail effectué simultanément par les étudiants en poste sur les machines (précision, rapidité des gestes, qualité des traitements thérapeutiques réalisés). L’attribution d’une note en fin de séance permettant d’observer, d’une semaine sur l’autre, la marge de progression de chacun.

« Les conditions de travail sur simulateur haptique sont finalement assez proches de la réalité mais pas identiques. Ni la salive ni les mouvements respiratoires des patients ne sont par exemple reproduits par les machines. De même, la vision sur écran 3D n’est pas en partie obstruée par les joues ou la langue comme c’est pourtant le cas dans la réalité », témoigne une ancienne utilisatrice qui voit dans ces nouvelles machines, au même titre que toutes celles et ceux s’y étant essayés, un complément de formation formidable, particulièrement pour les étudiants en formation préclinique (phase d’apprentissage et de perfectionnement aux manipulations en odontologie).

Objet d’une enquête interne de satisfaction au printemps dernier, les nouveaux simulateurs de réalité virtuelle acquis par la faculté suscitent aujourd’hui un large consensus tant du côté des étudiants que des équipes pédagogiques. Très récemment, leur utilisation intégrait naturellement le cursus d’évaluation des étudiants en 2e et 3e année. À la Faculté d’odontologie, la formation dématérialisée des étudiants est donc définitivement engagée.

[1]Qui concerne le sens du toucher

Chiffres clés

  • 67 enseignants-chercheurs ;
  • 141 étudiants en licence ;
  • 145 étudiants en master ;
  • 125 étudiants en 3e cycle court de 2 ans ;
  • 241 étudiants en 3e cycle long de 3 ou 4 ans.

Le numérique au service de l’odontologie clinique

Dès 2007, la CFAO[1] faisait son entrée au centre de soins dentaires, sous la responsabilité de Philipe Gibert, pour pro­poser aux patients la prise d’empreintes optiques pour la conception, la fabrica­tion sur place assistée par ordinateur et la pose de prothèses dentaires en céramique en un seul et unique rendez-vous. L’intégra­tion du numérique aux protocoles de soins dentaires s’étendait progressivement avec en point d’orgue, en 2015, la création de la première unité d’application den­taire de CFAO en France. « Jean Valcarcel, doyen de la faculté, et Sylvie Montal, chef de service, ont pour ambition de généra­liser l’utilisation des moyens numériques à l’ensemble des départements du centre de soins et, bien sûr, d’enseigner en amont, au niveau de la faculté, la maîtrise théorique de ces nouvelles techniques, incontestablement les plus rapides, les plus précises et les plus performantes connues aujourd’hui. », explique Michel Fages, responsable de l’unité d’activité médicale « Prothèse CFAO » au CHU.

[1] Conception et fabrication assistées par ordinateur