Enrichissement des cours en présentiel, hybridation des enseignements, nouvelles méthodes d’évaluation… Depuis 2016, l’UM développe une politique de soutien à la pédagogie numérique visible à travers l’organisation de formations à destination des enseignants et le déploiement de nouveaux outils.  Le tout dans un seul objectif : favoriser la réussite de ses 50 000 étudiantes et étudiants.

© David Richard

Le 22 mars dernier ils étaient plus d’une centaine, 157 exactement, à vouloir s’informer et échanger lors de la journée PédagoN’UM organisée par l’UM. « Pour la première fois des participants venus d’autres universités se sont joints à nous pour discuter et avancer sur ces thématiques » se réjouit Yohann Pottier, responsable du service des usages du numérique (SUN/DSIN). Focus de cette édition 2022 : l’évaluation des connaissances et des compétences avec une présentation des nouveaux outils développés dans cette perspective en particulier les e-portfolios Karuta actuellement en phase pilote à l’UM. « Cet outil permet d’évaluer non seulement des connaissances mais aussi des compétences, avec une réelle dimension donnée à ce que nous appelons les savoir-agir des étudiants et en intégrant une démarche d’autoévaluation » souligne David Cassagne, vice-président délégué au numérique pour la formation.

FlexiEval pour une meilleure évaluation

Une réflexion qui prolonge le travail initié depuis 2019 par l’UM dans le cadre du projet FlexiEval visant à construire un écosystème numérique pour l’évaluation des connaissances et des compétences et dont le bilan, au terme des trois ans prévus, se révèle très positif. Au rang des réussites : le partenariat monté entre l’Université de Montpellier et Wooclap une application conçue pour répondre à deux problématiques bien connues des pédagogues : la difficulté de capter l’attention des étudiants et de mesurer leurs connaissances. Concrètement l’application fonctionne comme une plateforme interactive permettant à l’enseignant de concevoir des questionnaires ou des exercices interactifs auxquels les étudiants accèdent, pendant le cours, à l’aide de leur smartphone. Un moyen direct et rapide d’automatiser l’évaluation des connaissances des étudiants tout en les rendant acteurs du cours.

« Ce type de pratique s’inscrit dans ce que nous appelons le présentiel enrichi, explique David Cassagne.  Le numérique devient ici un outil d’amélioration des interactions entre professeurs et étudiants, dynamisant les contenus des uns et stimulant l’attention des autres. » Plus récemment c’est avec son projet Pair’sEval que l’UM s’est à nouveau classée lauréate d’un appel à projet national. Élaboré en partenariat avec la start-up montpelliéraine Challenge Me, ce projet vise à développer l’apprentissage collaboratif et le jugement évaluatif grâce à une plateforme dédiée à l’évaluation entre pairs.

Le présentiel enrichi se veut être un plus pour les étudiants comme pour les enseignants déjà engagés pour certains dans la démarche dite de classe inversée qui privilégie une approche plus interactive et pratique des savoirs en cours. La plateforme Moodle permettant la mise à disposition des cours et/ou des contenus supplémentaires en est notamment une démonstration. « L’idée n’est pas du tout de basculer l’enseignement vers du 100% distanciel comme certains ont pu le craindre mais au contraire de profiter du présentiel pour privilégier l’interaction avec les étudiants » ajoute Yohann Pottier.

AgilHybrid, la liberté en plus

Ne pas basculer dans le tout distanciel mais ne pas refuser non plus les avantages apportés par une formule hybride présentiel/distanciel, c’est le pari d’AgilHybrid. Cet autre projet phare de la pédagogie numérique à l’UM a été soutenu dès 2020 par le MESRI dans le cadre de France Relance mais également par Muse et la Région Occitanie pour un financement total de 2,3 millions d’euros. « 71 salles sont aujourd’hui équipées pour dispenser un enseignement co-modal permettant de choisir entre présentiel ou distanciel, explique David Cassagne. Par ailleurs, 125 unités d’enseignement sont aujourd’hui en cours d’hybridation avec du distanciel asynchrone. »

Le dispositif de formation dit « asynchrone » comprend des modules d’enseignement en ligne que l’apprenant peut suivre en différé. Fichiers audio, vidéos, QCM, contenus interactifs… sont autant de ressources pédagogiques que les étudiants peuvent consulter librement et à leur rythme. « Un des avantages de la formation asynchrone est de permettre aussi une plus grande diversité des publics, étudiantes ou étudiants salariés, en double cursus, formation continue ou étudiantes et étudiants étrangers puisque ces contenus peuvent plus facilement être internationalisés. Là encore la pédagogie numérique est un formidable outil au service de la réussite étudiante » poursuit le vice-président.

29 formations proposées

Un message de plus en plus entendu dans la communauté des enseignants qui n’hésitent plus à se lancer dans cette nouvelle aventure grâce aux nombreuses formations dispensées par le SUN/DSIN et à l’accompagnement proposé par les ingénieurs pédagogiques (vidéo Rouage : Accompagner les enseignants dans la transformation pédagogique et numérique). Scénarisation des cours, ludification, interactions avec les étudiantes et étudiants ou nouveaux modes d’évaluation, « 29 formations ont été proposées cette année aux enseignantes et enseignants de l’UM, de l’école nationale supérieure de chimie de Montpellier (ENSCM), de l’Institut Agro, et du CIHEAM IAMM dont 19 ouvertes à toute la France dans le cadre d’AgilHybrid » déclare Yohann Pottier. Un dispositif qui n’a cessé de monter en puissance ces deux dernières années. En 2022, ils étaient plus de 300 à l’UM à bénéficier de ces formations.