Depuis plusieurs mois l’épidémie de Covid-19 oblige les institutions à adapter leur fonctionnement à des contraintes nouvelles.

Continuité pédagogique et renforcement du soutien aux étudiants en difficulté, maintien du travail à distance dans les services et protection des personnels indispensables sur site, continuité de la recherche et accompagnement des entreprises partenaires… L’Université de Montpellier a su s’organiser pendant le confinement et poursuit aujourd’hui son plan de reprise des activités.

Depuis le 16 mars dernier, l’Université comme le reste de la société a dû s’adapter à des règles inédites. Les urgences furent nombreuses à commencer par l’organisation d’une continuité pédagogique pour les 49 000 étudiants et étudiantes inscrits à l’UM. Les étudiant.e.s en situation de handicap ne sont pas oubliés, le service Handiversité et le service commun de médecine préventive et de promotion de la santé (SCMPPS) restent disponibles pour répondre aux interrogations de chacun.

Grâce à la mobilisation de l’ensemble des équipes pédagogiques et de la direction du système d’informatique et du numérique (DSIN), les enseignements à distance ont pu être généralisés en un temps record via la plateforme Moodle et l’espace numérique de travail (ENT) de l’UM. De nombreux ouvrages, revues et bases de données habituellement consultables ont été mis à disposition par le service commun de la documentation. Des guichets de prêts et de retours sur rendez-vous dans les bibliothèques universitaires ont été mis en place.

Les examens quant à eux ont déjà débuté dans un grand nombre de composantes. La question des stages, des mobilités et des inscriptions a fait l’objet de toute notre attention et des solutions ont été trouvées grâce l’engagement crucial des enseignants et enseignantes et des directeurs et directrices d’UFR, d’Ecole et d’Instituts. Notre mobilisation se concentre désormais sur l’organisation de la rentrée de Septembre.

Soutenir les étudiants en difficultés

La continuité des activités a été, bien sûr, conditionnée par un accès au numérique pour toutes et tous. Près de 350 ordinateurs fournis par la région Occitanie ont été distribués depuis le 16 avril par la direction de la logistique et la direction de la vie des campus de l’université. 6 000 € d’aide à la connexion numérique ont déjà été attribués aux étudiant.e.s les plus précaires pour souscrire un forfait, modifier leur forfait actuel ou acquérir une clé 4G. Des avenants aux conventions de stage et un appui à destination des étudiant.e.s en mobilité internationale ont rapidement été mis en place.

Pour aller plus loin et accompagner ceux et celles que la crise impactent plus durement, le fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE social) de l’UM a déjà débloqué plus de 150 000 € d’aides sociales et simplifié les procédures d’attribution pour les rendre effectives en moins de 24h. Une mesure qui s’ajoute à l’aide exceptionnelle de 200€ proposée par l’État pour les étudiant.e.s précaires ayant perdu un stage ou un emploi ainsi que pour les étudiants et étudiantes ultramarins restés en métropole.

Le SCMPPS continue d’assurer les consultations médicales et de psychologie par téléphone tout comme le centre de soins universitaire (CSU), qui propose ses services sur place ou à distance. Des dispositifs de lutte contre l’isolement ont également été déployés, les étudiant.e.s ont ainsi pu adapter leurs pratiques sportives grâce au site « On continue de bouger » mis en place par le SUAPS ou découvrir les contenus culturels proposés via le compte Facebook du service art & culture.

Accompagner les personnels

Dès le début du confinement une cellule de pilotage s’est constituée autour du président de l’université, Philippe Augé pour garantir le fonctionnement administratif et institutionnel de l’établissement en dialogue avec le CHSCT. Le travail à distance a été encouragé chaque fois que la situation le permettait et là encore, l’intervention de la DSIN a été décisive dans la mise en place d’un environnement numérique sécurisé et fonctionnel.

Pour les agents dont la présence sur site est indispensable, l’ensemble des mesures barrières préconisées ont été mises en place par les directeurs de structure. Des masques, des visières et des solutions hydro-alcooliques ont été fournis le cas échéant. Une veille quotidienne pour dresser un état détaillé des personnels présents sur site continue d’être assurée. Dans cette période difficile, la direction des ressources humaines et les personnels d’accompagnement de l’UM (médecins et psychologues du travail, psychologues cliniciens, coach, assistant.e.s de service social, référents handicap) restent plus que jamais à l’écoute des personnels.

Depuis le 11 mai, le plan de reprise des activités en présentiel a été activé. Les agents qui ne pouvaient pas exercer à distance ont pu revenir progressivement sur site selon les règles du dispositif spécifique mis en place par l’établissement : limitation des personnes physiques travaillant simultanément dans un même service, encadrement des réunions et rassemblements en continuant de privilégier les communications électroniques, limitation de l’accueil du public aux seules activités prioritaires. À ce jour environ 15 % des effectifs ont repris le travail en présentiel.

Maintenir les activités de recherche

Plus que jamais, la recherche est au centre de toutes les préoccupations et la communauté scientifique montpelliéraine a su se montrer à la hauteur de son excellence depuis le début de cette crise. En cette période, l’urgence est bien sûr de trouver un traitement efficace. La coordination d’essais randomisés sur les effets de l’hydroxychloroquine par le professeur Jacques Reynes au CHU de Montpellier  ou la recherche sur les anticorps menée par l’Institut de recherche en infectiologie de Montpellier (IRIM) en sont des exemples. Le dépistage est un autre volet incontournable où l’innovation prend toute sa place comme le montre le travail sur la lecture automatisée des tests salivaires rapides dans le projet de la sportech montpelliéraine Vogo qui associe le CNRS, le CHU de Montpellier, le laboratoire Sys2Diag et la société de biotechnologie SkillCell.

De nombreuses études menées au sein de nos laboratoires permettent également de mieux connaître l’origine et la nature du virus auquel nous faisons face. C’est le cas du traçage phylogénique grâce au logiciel PhyML développé par Stéphane Guindon du laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (Lirmm). D’autres se concentrent sur l’amélioration de la veille sanitaire mondiale comme le projet européen Mood qui engage des chercheurs et chercheuses issus de 25 institutions dont l’Université de Montpellier et le Cirad. Par ailleurs, une initiative clé sur les maladies infectieuses de type COVID pourrait être lancée prochainement, l’objectif étant de réfléchir aux moyens de prévenir de telles épidémies, en prenant cette question de manière large, depuis la source (les réservoirs animaux) jusqu’aux maladies humaines en passant par les voies que les virus utilisent pour évoluer d’un milieu à l’autre.

Plus généralement, c’est l’ensemble des chercheurs et chercheuses qui, en un temps record, ont su réorienter leur projet de recherche en cours pour acquérir de nouvelles connaissances sur le Covid. L’I-SITE MUSE apporte un soutien financier global à hauteur de 250 000 € à ces équipes.

Dans des secteurs moins concernés par le travail sur l’épidémie, la limitation du présentiel et le développement du télétravail ont là aussi été appliqués pour garantir la sécurité des personnels. Seules les manipulations dont l’interruption aurait entraîné une perte d’études essentielles ont été maintenues. Pour les 24 starts-up présentes sur le campus il a été décidé par l’université une exonération de charges afin de les soutenir dans ce moment particulièrement délicat pour les jeunes entreprises. Comme pour les personnels administratifs et techniques, depuis le 11 mai, le plan de reprise des activités permet le retour progressif des chercheuses et des chercheurs au sein de leur laboratoire.

Solidarité envers les soignants

Au-delà de ses murs, c’est vers le personnel soignant que l’Université de Montpellier a également tourné ses efforts de solidarité en organisant une collecte de matériel médical. Les équipes de recherche du CNRS, de l’Inserm, du Cirad, de l’Inrae, de l’IRD, de l’ENCSM et de l’Université de Montpellier qui composent les 120 structures du consortium MUSE se sont massivement mobilisées à Montpellier et Nîmes, avec d’autres équipes en région (notamment à Perpignan et Banyuls-sur-Mer). Gants, masques et surblouses ont ainsi été récupérés et transmis aux personnels du CHU de Montpellier sous l’impulsion du Vice-président de l’UM en charge de la Recherche Jacques Mercier.

Les FabLabs des IUT de Montpellier-Sète et de Béziers ou la plateforme Pro3D (Polytech) apportent quant à eux une contribution précieuse en fabriquant des visières de protection à destination des soignants et aujourd’hui des personnels de l’UM.