Rouages : “Aider le développement de projets en sciences du vivant”

Pascal Verdié est ingénieur de recherche, responsable de la plateforme de chimie Synbio3 spécialisée dans la synthèse de peptides et de polymères, rattachée à l’Institut des biomolécules Max Mousseron. Il accompagne les scientifiques dans leurs projets de recherche et forme les étudiants aux techniques de synthèse. Un métier qu’il aime et qu’il raconte dans Rouages, la série vidéo produite par l’Université de Montpellier. Moteur !

Pôle chimie Balard. Dans ces longs couloirs où tout semble identique, chaque porte renferme un mystère et une foule de questions. Comment savoir si cette pièce abrite un élevage d’arthropodes indestructibles ou le biomatériau de demain ?  En cette fin de matinée, c’est le regard brillant que Pascal Verdié nous révèle son trésor à lui, dissimulé dans une armoire réfrigérée : 4000 composés synthétisés, caractérisés et utilisés pour des tests biologiques. « Ils sont tous référencés avec un code barre, tous issus des travaux de l’équipe depuis une trentaine d’années. »

Balance moléculaire

Cette équipe est celle de l’Institut des biomolécules Max Mousseron et de Synbio3, la plateforme qui lui est rattachée et dont Pascal Verdié est le responsable. L’interview face caméra est terminée et, bien que l’exercice ait été réalisé avec brio, le soulagement de l’ingénieur est palpable pendant qu’il nous fait découvrir son petit univers. « Ici vous avez un appareil de chromatographie liquide couplé à la spectrométrie de masse. Il nous permet de détecter, de quantifier toutes les molécules naturelles ou synthétiques que l’on va manipuler. » Habile vulgarisateur, il nous explique que la spectrométrie de masse fonctionne « comme une balance, on va pouvoir atteindre la masse moléculaire de l’échantillon qu’on prépare et donc savoir si ce qu’on attend est présent ou pas ».  

Chercheurs, chercheuses, doctorantes et doctorants ou même partenaires industriels, ils sont nombreux à s’adresser à la plateforme Synbio3 pour synthétiser ou purifier des molécules, qu’il s’agisse de peptides ou de polymères. « Cet appareil par exemple, est sollicité pour environ 20 000 analyses annuelles. Traduire les besoins de nos partenaires et collaborateurs en prestations de service fait partie de mes missions. Notre objectif est de leur apporter un objet biomoléculaire sur mesure. » Dans cette mission, Pascal Verdié est entouré de neuf autres ingénieurs, de deux étudiants en alternance et d’étudiants stagiaires. Des contractuels peuvent également les rejoindre sur des projets plus ponctuels. « Cette plateforme regroupe des professionnels, des compétences et des équipements pour aider le développement de projets en sciences du vivant. »

A la frontière

Salle suivante : entre sorbonnes et paillasses, des étudiantes en blouse et lunettes de protection s’activent autour de leurs tubes et profitent de voir Pascal Verdié pour glaner un conseil ou partager une observation. « Une grosse partie de mon activité est dédiée à la formation. On les aide dans l’acquisition de leurs données, on les habilite à l’utilisation des équipements. » Une cinquantaine d’étudiantes et étudiants apprennent ici chaque année les différentes techniques de synthèse de peptides et les méthodes de spectrophotométrie pour voir l’effet des molécules sur des matériaux ou sur des cellules. « J’aide à former les acteurs de la recherche de demain, je soutiens les doctorants dans leurs projets, je les fais grandir scientifiquement. C’est un métier où on transmet beaucoup et où on apprend énormément aussi. »

Une transmission de qualité que l’ingénieur prend très à cœur comme en témoignent les différentes démarches de labellisation que ce Montpelliérain d’origine mène et a menées depuis le lancement de la plateforme en 2007 aux côtés de l’enseignant-chercheur Gilles Subra. « Nous avons obtenu la labellisation Ibisa (Infrastructures en biologie santé et agronomie) en 2013, une étape très importante pour nous. » Depuis, Synbio3 a rejoint le réseau ChemBioFrance et conduit une démarche qualité ISO 9001 pour la professionnalisation de ses activités. Un autre pan de la carrière multifacettes de Pascal Verdié. « Je fais un métier à la frontière de plusieurs domaines : chimie, biologie, technique, sciences. Dans l’équipe on s’amuse à me comparer au personnage de la série FriendsChandler Bing, car lui non plus, les autres ne savent jamais ce qu’il fait. »