Création, renouvellement, fermeture ou fusion, le cycle de vie des structures de recherche recommence tous les cinq ans en France. Pour le lancement du nouveau contrat quinquennal pour la recherche à l’UM, Philippe Augé, le président de l’Université et Jacques Mercier, vice-président en charge de la recherche, précisent les grandes orientations de la recherche et son organisation.

© CPU – Université de Montpellier

Soixante-douze. C’est le nombre de structures rattachées à l’Université de Montpellier, dans le volet recherche du contrat qui a débuté en janvier 2021. À quoi sert ce contrat ? « Il rythme la vie de la recherche française et fixe la durée d’existence des structures de recherche », explique Jacques Mercier. En effet, tous les cinq ans, les structures sont évaluées par le Haut conseil d’évaluation de la recherche et de l’enseignement Supérieur (HCERES). « À partir de cette évaluation, l’établissement porteur décide, soit d’arrêter la structure, soit de la renouveler. Il peut en fusionner certaines ou en créer de nouvelles. » poursuit Jacques Mercier.

Ce contrat débuté en janvier 2021 s’étalera exceptionnellement sur 6 ans, de 2021 à 2026. Cet allongement est la énième conséquence de la crise sanitaire qui a décalé l’évaluation de certaines structures sur d’autres sites en France. Six ans pour poursuivre les ambitions de l’UM et de ses partenaires : « Nous continuerons à développer des axes stratégiques majeurs tels que le développement de l’interdisciplinarité, le renforcement des partenariats avec le monde socio-économique, une meilleure insertion dans l’espace européen de la recherche mais aussi un engagement accru dans une conduite responsable en recherche » déclare Philippe Augé.

72 structures de recherche

Si l’élaboration de ce contrat est incontournable, son contenu ne devrait pas bouleverser le panorama de la recherche à l’UM. Le nombre de structures passe de 78 à 72 en raison des fusions réalisées entre laboratoires, c’est le cas notamment du Plants health institute of Montpellier (PHIM) issu de la fusion entre les laboratoires Biologie et génétique des interactions plante-parasite (BGPI), Interactions plantes microorganismes Environnement (IPME) et Bioagresseurs. À noter également, la naissance d’une nouvelle entité Inserm-UM : l’Institut Debrest d’épidémiologie et de santé (Idesp). Son objectif : mieux comprendre les maladies chroniques qui touchent plus de 30% de la population et occasionnent 80% des dépenses de soins.

« Pour le reste, nous sommes globalement dans la continuité de ce qui existe déjà et qui fonctionne très bien ! Il n’y a donc pas de changement majeur à attendre, juste quelques nouveautés, notamment en termes de dénomination », ajoute le vice-président en charge de la recherche. Parmi ces nouveautés, le changement de dénomination des unités mixtes de service (UMS) qui deviennent des unités d’appui et de recherche (UAR). C’est le cas de Genopolys, Cemipai ou Biocampus. Autre changement : le nouvel intitulé des anciennes équipes d’accueil qui deviennent des « unités de recherche » (UR), grâce à l’autorisation faite aux universités, depuis janvier 2020, de créer leurs propres unités de recherche.

Une cartographie qui change peu

On retrouve dans ce contrat les unités mixtes de recherche (UMR). « 51 à l’UM, dont un grand nombre en partenariat avec le CNRS mais pas seulement. Nous en avons aussi avec l’Inserm, l’Inrae, l’IRD, le Cirad, l’Inria… » détaille Jacques Mercier. TransVIHMI, la seule unité mixte internationale (UMI) poursuit également sa route. Sous tutelle initiale de l’IRD et de l’UM, elle est associée aux Universités de Yaoundé (Cameroun) et de Cheikh Anta Diop-Dakar (Sénégal). Enfin, on retrouve deux structures pluridisciplinaires que sont l’Institut des sciences des données (ISDM) et la MSH Sud.

Les structures de recherche sont regroupées dans cinq pôles. Un pôle agronomie, environnement, biodiversité, un pôle biologie-santé, un pôle chimie, un pôle sciences sociales et enfin le pôle MIPS, réunissant les mathématiques, l’informatique la physique et les systèmes. Il existe des interactions fortes entre les pôles et notamment autour des piliers de MUSE, Nourrir, Soigner, Protéger.

Bien que n’étant pas évaluées par le HCERES, les plateformes de l’UM l’ont été fin 2020 par la commission recherche du conseil académique de l’UM. Leur rôle de soutien technologique de haut niveau à l’ensemble de la communauté scientifique montpelliéraine et même au-delà pour certaines s’est confirmé. Au nombre de 16, elles sont réparties dans les domaines AEB, MIPS, BS et Chimie.

400 personnels supplémentaires

Côté ressources humaines, vingt-trois nouveaux directeurs et directrices de recherche sont nommé.e.s, soit environ un tiers de renouvellement sur les 72 structures, mais seulement quatre nouvelles directrices. « Malgré la politique menée par l’Université pour sensibiliser à la parité, nous constatons que seules quinze structures sont dirigées par des femmes, c’est encore beaucoup trop faible. Les actions en faveur de l’égalité entre femmes et hommes déjà engagées sous l’impulsion de la vice-présidente déléguée à la responsabilité sociale s’intensifieront au cours de ce contrat » insiste le vice-président en charge de la recherche.

Enfin, le nouveau contrat quinquennal voit une augmentation importante des personnels dans l’ensemble des structures de recherche. Cette augmentation est d’une part liée à l’attractivité de l’Université de Montpellier mais aussi au fait que l’UM est devenue tutelle de nouvelles structures de recherche : par exemple l’institut « Amélioration Génétique et Adaptation des plantes » (AGAP). « Avec ce nouveau contrat quinquennal, ce sont 400 personnes de plus qui rejoignent nos structures. Cela a nécessité un effort financier particulier à hauteur de 270 K€ de la part de l’Université de Montpellier pour aligner les dotations des laboratoires sur cette augmentation de personnels », explique Jacques Mercier.

Les écoles doctorales reconduites

L’UM a vu ses accréditations renouvelées pour les six écoles doctorales qu’elle porte : Droit et science Politique (DSP), Information, structures, systèmes (I2S), Économie et gestion (EDEG), Sciences chimiques Balard (SCB), Biodiversité, agriculture, alimentation, environnement, terre et eau (Gaia), Sciences chimiques et biologiques pour la santé (CBS2). Seule l’école doctorale Gaïa connaît un changement de direction avec la nomination de Valérie Micard, professeure à Montpellier SupAgro. L’UM reste établissement co-accrédité des écoles doctorales Territoires, Temps, Sociétés et Développement (TTSD) et Langues, Littératures, Cultures, Civilisations (LLCC), portées par l’Université Paul Valéry, et l’école doctorale Sciences du Mouvement Humain (SMH), portée par Aix-Marseille Université.