Pour former des experts capables de relever les nouveaux défis de nos sociétés, l’Université de Montpellier mise sur la transdisciplinarité. Focus sur trois nouvelles formations innovantes inaugurées cette année.

Décloisonner les disciplines pour offrir aux étudiants toutes les compétences requises sur un marché de l’emploi en perpétuelle évolution, c’est le formidable enjeu des formations transdisciplinaires. Une démarche dans laquelle s’inscrit pleinement l’Université, en témoignent les 3 nouvelles formations lancées par l’établissement en cette rentrée.

Ouvrir les fenêtres

A la Faculté de Droit et Science politique « on ouvre les fenêtres », confie Catherine Ribot. La co-responsable du master droit de l’alimentation et droit de l’agroécologie en est convaincue : « il faut s’interroger sur les rapports entre les disciplines et éviter de rester dans les codes ». Car l’alimentation et l’agroécologie sont des enjeux européens et mondiaux qui vont bien au-delà des questions essentielles de conformité ou de sécurité alimentaire. « Traditionnellement on se posait la question de savoir si l’alimentation était saine au sens de bonne pour la santé. Désormais on se pose aussi la question de savoir si elle est saine pour l’environnement, si elle permet une juste répartition des richesses entre les différents professionnels, et une construction harmonieuse des territoires », explique Malo Depincé, co-responsable du master.

Et pour former des experts à même d’appréhender toutes ces dimensions, il faut décloisonner. « Cette transdisciplinarité intervient à deux niveaux, détaille Catherine Ribot. D’une part en ouvrant à des éléments de pratique non juridiques comme l’alimentation et l’agriculture, et d’autre part au sein même des disciplines du droit, car les étudiants auront besoin d’éléments de droit privé et de droit public », souligne la spécialiste du droit de l’environnement. L’enjeu : former des experts compétents sur le domaine de l’alimentation et de l’agroécologie de A à Z. « Un interlocuteur unique capable de dialoguer avec tous les intervenants de la filière, des producteurs aux distributeurs », précise Malo Depincé, lui-même spécialiste du droit du marché.

Avec une licence de droit pour bagage, les futurs experts font leur rentrée en master 1 cette année. Après 2 ans de formation avec une équipe d’enseignants en droit mais aussi des intervenants extérieurs tels que des avocats, des juristes d’entreprise ou des membres d’associations, les futurs spécialistes du droit de l’alimentation et de l’agroécologie peuvent envisager de très vastes débouchés : « avocats spécialisés, magistrat spécialisés dans les affaires en droit de l’alimentation, conseillers juridiques en entreprise, dans les collectivités territoriales, les ministères, les besoins sont variés », énumère Catherine Ribot, qui souligne que c’est la première formation de ce type en France.

Répondre aux exigences des nouveaux métiers

Une innovation pédagogique qui s’affiche également à la Faculté d’économie et à la Faculté de droit et science politique. Et une autre « première nationale » made in UM avec la bi-licence « Economie et science politique », unique en France, dont sont responsables Thomas Cortade à la Faculté d’économie et Eric Savarese à la Faculté de droit et science politique.

Résolument pluridisciplinaire, cette bi-licence se propose de répondre aux exigences des nouveaux métiers porteurs, notamment dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de l’aide à la décision, des projets de développement ou encore de la gouvernance transnationale et de la régulation des sociétés complexes.

L’enjeu ? Former des cadres qui pourront occuper des postes à responsabilité dans le secteur public et privé, en France comme à l’international. Des débouchés qui nécessitent des compétences dans les domaines de l’économie, de la science politique et plus généralement des sciences sociales et des institutions nationales et internationales.

Pour cela les étudiants de cette bi-licence suivent les enseignements fondamentaux des deux licences de science économique et de science politique qu’ils valideront en passant un grand oral bi-disciplinaire. Un examen qui leur permettra d’attester des apports des deux disciplines pour l’analyse de la situation du monde contemporain… et qui les prépare aux métiers d’avenir.

Relever les défis d’aujourd’hui et de demain

A l’UM, la transdisciplinarité se conjugue aussi à l’international avec le master CHARM-EU lancé en cette rentrée. Innovant, transdisciplinaire et résolument tourné vers les grands défis environnementaux et sociétaux, ce master unique en Europe, fruit de la collaboration entre l’UM et ses quatre partenaires de l’alliance CHARM-EU, représente une véritable révolution pédagogique.

Réunissant des étudiants venus du monde entier et issus de filières aussi différentes que le droit, la biologie, les sciences humaines et sociales, le sport ou encore le management, le master CHARM-EU permet de mutualiser les compétences pour mieux saisir les enjeux environnementaux et sociaux auxquels font face nos sociétés comme la gestion de l’eau, la santé globale – humaine et environnementale – et l’alimentation. « Nous ne voulons aucune concurrence avec les masters existants, précise Gilles Subra. On ne formera pas des économistes ou des hydrologues, mais de nouveaux profils transdisciplinaires destinés à des carrières européennes, des gestionnaires de projets transversaux. »

Pour relever ces défis d’aujourd’hui – et de demain – les étudiants bénéficieront d’un enseignement innovant basé sur la pédagogie active. « Elle se résume en deux mots : challenge based. Notre objectif est que les étudiants acquièrent des compétences utiles pour relever les défis en lien avec les grandes thématiques proposées », explique Patricia Cucchi, enseignante-chercheuse en biologie des organismes à l’Université de Montpellier et membre du groupe de travail sur l’enseignement et les stratégies d’apprentissage au sein de CHARM-EU. Des défis issus de la société civile, du monde de l’entreprise ou de la recherche, avec toujours pour pierre angulaire la démarche et la rigueur scientifiques. Et des modalités d’examens tout aussi innovantes avec une évaluation progressive centrée sur l’étudiant et adaptée à son rythme faisant appel à tout un panel de méthodes allant du simple quiz au portfolio, en lieu et place des partiels classiques.