Une page se tourne pour la faculté avec l’ouverture de nouveaux locaux sur le campus Arnaud de Villeneuve. A côté de sa mission première de formation des futurs médecins, l’institution accompagne de plus en plus les professionnels de santé dans leur besoin, croissant, de formation continue.

Photo © David Richard / Transit

Il compte parmi les joyaux d’une université au patrimoine rare. Au bâtiment historique de la Faculté de médecine se pressent chaque jour des touristes du monde entier. Certains venus y admirer la robe d’un certain Rabelais, d’autres pour déambuler dans les allées du Conservatoire d’anatomie ou se plonger dans les dessins du Musée Atger, qui réunit une collection rare de dessins de maîtres européens, d’autres enfin profiter de la fraîcheur du Jardin des plantes, créé à la fin du XVIe siècle pour servir de support à la formation des futurs médecins et autres apothicaires.

Au chevet d’une pratique en pleine mutation

Si le centre historique demeure le berceau de la médecine montpelliéraine, étudiants, agents et enseignants ont découvert un nouvel environnement de travail depuis la rentrée. Situé à deux pas des hôpitaux, sur le campus Arnaud de Villeneuve, le nouveau vaisseau amiral de la médecine Montpelliéraine se veut tout entier tourné vers l’innovation pédagogique. Plateforme de simulation équipée de robot-patients, ateliers théâtre pour former à la relation patient/médecin… Tout est fait pour respecter ce principe fondamental : « jamais la première fois sur le patient ».

Outre les 6 000 carabins accueillis sur l’un des deux sites de la faculté, à Nîmes et Montpellier, la faculté assure la formation continue de près de 3 000 professionnels de santé, médecins, sages-femmes, infirmiers… Un enjeu capital, estime Michel Mondain : « La santé a pour spécificité d’être en évolution permanente, il est donc nécessaire de proposer une offre de formation adéquate à ces professionnels, qu’ils soient médecins ou non ». Pour le doyen, la faculté doit s’affirmer comme une « maison des professionnels de santé ». Un demi-étage de la nouvelle faculté sera d’ailleurs réservé à l’accueil d’équipes du CHU.

La naissance d’un Campus Santé à Arnaud de Villeneuve

Photo © Jean-Luc Girod

Le bâtiment conçu par l’architecte François Fontès vient s’insérer dans un écosystème qui se mue peu à peu en un véritable campus santé : outre les hôpitaux, le site accueille en effet plusieurs centres de recherche de premier plan en biologie-santé, mais aussi l’institut universitaire de recherche clinique ainsi que l’unité pédagogique médicale (UPM). Une proximité riche en potentialités et annonciatrice d’échanges fructueux.
Échanges entre recherche, pratique clinique et formation, donc, mais aussi échanges entre disciplines : la faculté entend renforcer la collaboration avec ses voisins du campus Saint Priest, tournés vers les sciences du numérique, ou encore avec STAPS et son centre Euromov, dédié lui à l’étude du mouvement humain. C’est au croisement de ces différentes disciplines que s’écrira désormais l’histoire d’une vieille dame qui, du haut de ses huit siècles, n’a jamais paru aussi jeune.

Chiffres clés

  • 9109 étudiants (dont près de 3000 en formation continue)
  • 416 enseignants-chercheurs
  • 150 personnels IATS
  • 3 sites (Montpellier centre, Arnaud de Villeneuve, Nîmes)
  • 1220 : Premiers statuts concédés par l’Eglise à l’ « universitas medicorum »
  • 1593 : Création du premier Jardin des plantes de France à Montpellier
  • 1795 : Installation au monastère Saint-Benoît, ancien évêché
  • 2017 : Inauguration de la nouvelle Faculté sur le campus Arnaud de Villeneuve

L’initiative : le tutorat pour l’égalité des chances en PACES

QCM, rappels de cours, concours blancs, conseils méthodologiques…
Assuré par des étudiants en années supérieures de médecine, pharmacie, odontologie ou maïeutique, le tutorat santé fédère près de 250 tuteurs formés aux bases de l’enseignement. Leur rôle : accompagner les étudiants inscrits en Première Année Commune aux Études de Santé (PACES), sanctionnée par un concours des plus sélectifs. Et les résultats sont là : « un étudiant ayant bénéficié du tutorat voit ses chances de réussir au concours multipliées par 6, un chiffre équivalent à celui des étudiants ayant suivi une prépa » se félicite Mathieu Bauer, président de la FED, qui regroupe les différentes associations de tutorat en santé. Financé par l’université, ce dispositif mobilise chaque année des enseignants pour assurer la formation des tuteurs.