Environnement, économie et confort. Telle pourrait être la devise du vaste chantier de rénovation énergétique du bâti lancé par l’Université de Montpellier. Une opération inédite, débutée en avril dernier par la réhabilitation du plus grand bâtiment du campus Triolet, concrétisant ainsi la stratégie d’établissement en matière de réduction de notre empreinte carbone.

C’est un des plus grands bâtiments de l’UM et sans aucun doute le plus imposant du campus Triolet. Hébergeant six amphithéâtres, 43 salles de TD et le Département des langues, le bâtiment 5 – et sa capacité d’accueil de 2 000 étudiantes et étudiants – est donc la première étape de ce chantier de rénovation énergétique sans précédent dans l’histoire de l’Université. Une symbolique d’autant plus forte que « c’est entre ses murs que s’est tenu le tout premier cours de l’histoire de ce campus en 1964 » raconte Bernard Maurin, vice-président délégué à l’immobilier et au développement durable.

Tous gagnants

Débutés en avril dernier, les travaux, pilotés par la direction du patrimoine immobilier, portent essentiellement sur l’enveloppe du bâtiment : isolation des murs et de la toiture, remplacement des fenêtres. « Nous visons un triple objectif à travers ce premier chantier », annonce le vice-président. Une diminution de moitié de la consommation énergétique, avec à la clé une baisse de nos émissions de gaz à effet de serre, mais également une réduction des coûts de fonctionnement confortée, par exemple, par l’installation d’éclairages LED munis de détecteurs de présence.

« Ce que nous souhaitons aussi, au-delà des gains environnementaux et économiques, c’est une amélioration du confort et des conditions de travail et d’étude, notamment en été et hiver. C’est une opération où nous sommes gagnants sur tous les plans. » Ces rénovations sont également l’occasion de traiter d’autres questions telles que l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite grâce à l’installation d’ascenseurs, ou encore la mise en conformité avec les dernières normes de sécurité. Quant à la facture, elle s’élève « à environ 8,5 millions d’euros, financés dans le cadre du contrat de plan Etat-Région avec une participation de l’Université » précise Bernard Maurin.

Une réhabilitation progressive

La réhabilitation du bâtiment 5 intervient ainsi quelques mois seulement après la mise en service du Village des sciences A. Un bâtiment basse consommation construit dans le respect des dernières normes environnementales et qui s’inscrit lui aussi dans cette trajectoire de transition immobilière dont un des objectifs, à travers la réhabilitation de l’existant ou la construction de bâtiments neufs, reste la réduction de notre empreinte carbone.

Un deuxième gros chantier de rénovation énergétique va ainsi débuter sur les IUT de Nîmes et de Montpellier-Sète. Il en sera ensuite de même sur d’autres campus : Faculté de Pharmacie, Institut de Botanique en centre-ville, Laboratoires de physique et Village des sciences B sur Triolet.

Le choix de la transition énergétique

Cet investissement sur l’immobilier est en adéquation avec l’approvisionnement énergétique de l’Université de Montpellier, par exemple constitué de 50 % d’électricité d’origine renouvelable. « Le contrat avec notre fournisseur nous garantit que pour chaque kilowatt-heure consommé, ce dernier réinjecte dans le réseau un demi kilowatt-heure d’électricité d’origine éolienne ou solaire », poursuit Bernard Maurin.

Le campus Richter vient également d’être raccordé au réseau de chaleur métropolitain, alimenté par les deux chaufferies bois d’Antigone et du Polygone, avec un approvisionnement 100% régional et un traitement ultra performant des fumées. « Ces bâtiments étaient avant chauffés au gaz et cela contribue à réduire nos émissions de gaz à effet de serre tout en diminuant notre dépendance à cette énergie fossile, mais aussi à baisser les coûts d’exploitation en bénéficiant d’une TVA réduite et de l’arrêt de la maintenance de 8 chaudières ».

Avec les autres sites déjà connectés (dont l’IUT et la faculté de médecine sur Nîmes, le campus Triolet), c’est presque la moitié des 500 000 m2 de l’UM qui sont raccordés à des réseaux de chaleur éco-labellisés ou utilisant majoritairement des énergies renouvelables. « Nous saisissons l’opportunité de ce type de raccordement dès que c’est possible, notamment dans le cadre de partenariats avec les collectivités locales, c’est un point fort de la stratégie d’établissement pour la transition énergétique. »