Restauration du pavillon d’astronomie : Des étoiles pour le Jardin
Au détour d’une visite du Jardin des plantes, vous tomberez sur un petit dôme niché dans le jardin anglais à proximité du bassin des nelumbos. Ce bâtiment, dont la rondeur fait écho à celle des nénuphars, c’est l’observatoire d’astronomie, que l’Université de Montpellier a choisi de restaurer afin de retisser le lien entre observation du vivant et compréhension de l’univers et rendre ainsi ses étoiles au Jardin.

On vient y flâner à l’ombre de la bambouseraie ou déambuler dans les allées de l’école systématique, visiter la serre Martins et ses plantes « succulentes » ou admirer le bassin aux lotus ou « bassin des nelumbos »… Mais il fut un temps où l’on n’y venait pas uniquement pour baisser la tête afin de contempler les fleurs, mais aussi pour la lever vers les étoiles. Car le Jardin des plantes possède un patrimoine parfois méconnu : son pavillon d’astronomie, dont la naissance fut un petit big bang.
Télescope de Foucault
A la fin du XVIIIe siècle, Montpellier qui est alors une place forte de l’astronomie, se cherche un nouveau site d’observation astronomique après la suppression de l’observatoire de la Babote en 1793. Un bâtiment qui sera notamment destiné à accueillir le télescope de Foucault, un instrument de pointe, acquis en 1877 grâce au leg du professeur Jean-Nicolas Legrand,. « Et à cette époque, le Jardin des plantes est l’endroit de Montpellier où il y a le moins de lumière », explique son directeur actuel John de Vos. Ce qui en fait un lieu propice à regarder les étoiles. Mais il est aussi humide…
Un argument que retient Charles Martins, alors directeur du Jardin et professeur à la Faculté de médecine, pour s’opposer à cette construction estimant que l’humidité pourrait détériorer l’équipement. Une controverse s’engage avec les enseignants de la Faculté des sciences, nécessitant l’arbitrage du ministre de l’Instruction publique, qui valide finalement le projet. Le pavillon prendra donc place dans le jardin anglais à proximité du bassin des nelumbos et sera inauguré le 28 juillet 1879, à l’occasion de l’observation de l’occultation de l’étoile Antarès par la Lune.
Une tradition scientifique continuée
Au début du XXe siècle, l’état de la coupole se dégrade et l’usage du pavillon diminue progressivement, jusqu’au retrait du télescope en 1964, transféré à l’Université des Sciences et Techniques du Languedoc. Le pavillon est alors transformé temporairement en planétarium en 1988 avant d’être fermé au public. C’est pour redonner vie à cette pièce emblématique du patrimoine universitaire, tout en enrichissant l’expérience des visiteurs du Jardin des plantes, que l’Université de Montpellier a décidé de restaurer le pavillon astronomique.
Inauguré le 9 avril dernier en présence de Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier, d’Isabelle Laffont, doyenne de la Faculté de médecine Montpellier-Nîmes et de John De Vos, sa restauration a été entièrement financée par l’Université de Montpellier pour un montant de 122 000 euros. Le prix pour rendre à ce lieu sa dimension à la fois patrimoniale, pédagogique et symbolique, dans la continuité de la tradition scientifique montpelliéraine. « Il pourra éventuellement servir pour des expositions temporaires, précise John De Vos. C’est comme un objet du passé qu’on peut rouvrir. »