Le classement thématique 2021 de Shanghai classe l’Université de Montpellier au top 100 mondial dans dix champs disciplinaires, en lien pour la plupart avec les thématiques Muse. L’UM confirme pour la 5e année consécutive sa place parmi les leaders en écologie et fait une belle percée dans les domaines de la télédétection et des sciences et technologies de l’alimentation.

© Abbie Tayler Smith – Greenpeace

A la fois discuté et attendu, le Global ranking of academy subject, publié chaque année par l’Université de Shanghai est connu depuis le 27 mai dernier. L’Université de Montpellier y figure 10 fois dans le top 100 et 20 fois dans le top 200. Une progression qui confirme son excellence dans les thématiques portées par l’I-site Muse, au premier rang desquelles, l’écologie. Classée 3e mondiale dans ce domaine, l’UM conserve donc pour la cinquième année consécutive sa place sur le podium, derrière Oxford toujours première et l’Université du Minnesota qui ravit la seconde place à l’Université de Californie Davis, partenaire privilégié de l’UM.

« Nous nous réjouissons de rester parmi les leaders mondiaux en écologie, déclare Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier. C’est une preuve supplémentaire de l’ouverture de nos chercheurs et enseignants-chercheurs et de nos laboratoires aux attentes de la société et aux enjeux majeurs que sont le climat et l’écologie. » Les sciences agronomiques confirment elles aussi leur position en passant, en deux ans, de la 42e à la 23e place. Une montée en puissance en partie portée par l’étroite coopération initiée, depuis 2017, au sein du consortium Muse avec l’Université de Wageningen, toujours numéro un mondial dans ce secteur. Troisième belle surprise : les biotechnologies qui se placent quant à elles en 34e position de ce classement mondial.

Cinquième place française

Toujours dans les thématiques Muse, les sciences de l’eau figurent également dans le top 100. Une belle progression pour ce domaine qui passe d’un classement dans le groupe « 101-150 » en 2019, au groupe « 51-75 » en 2021. « L’UM intègre le top 3 français dans le domaine des ressources en eau avec les universités Grenoble-Alpes et Toulouse – Paul Sabatier, commente Eric Servat, directeur de l’IM2E et d’Icireward, le tout récent centre international Unesco dédié à l’eau. Cette progression met en avant la grande qualité des travaux produits par les équipes montpelliéraines en sciences de l’eau. C’est une nouvelle reconnaissance et la confirmation de Montpellier comme place forte au niveau international, dans un secteur lourd d’enjeux cruciaux pour les décennies qui viennent. »

Dans ce groupe des « 51-75 » apparaissent également la géographie et l’océanographie, déjà présentes en 2020, mais aussi, et pour la première fois, les sciences et technologies de l’alimentation et la télédétection. Un résultat dont se félicite Matthieu Ferry, enseignant-chercheur à Géosciences Montpellier : « Avec l’essor des données de télédétection et le développement de l’intelligence artificielle, les laboratoires des sciences de la terre, de l’eau et de l’environnement élaborent à l’UM de nouvelles approches pour la protection des ressources et des populations, face aux aléas climatiques et géologiques. Ce bon classement en est un témoignage » Les sciences de la terre se classent d’ailleurs dans le groupe « 76-100 » tout comme les sciences vétérinaires. Grâce à ces dix citations dans le top 100, l’UM prend donc la cinquième place française de ce classement derrière Paris-Saclay (citée 25 fois), Sorbonne Université (19 fois), l’Université Grenoble Alpes (18 fois) et Paris Sciences et Lettres (15 fois).

Muse : une dynamique collective forte

C’est un très beau résultat également pour la biologie et la biologie humaine, la médecine clinique et les statistiques qui figurent dans le groupe « 100-150 » de ce classement mondial. Enfin les mathématiques, la chimie, l’ingénierie chimique, le génie des matériaux, le génie de l’environnement, les sciences de l’énergie et la pharmacie apparaissent dans le top 200. « Nos résultats dans ce classement doivent être interprétés comme un signe supplémentaire de la puissance de nos forces scientifiques et de l’efficacité de la synergie portée par Muse. Nous avons créé, avec l’ensemble de nos partenaires, une réelle dynamique collective, une identité commune qui permet à l’UM de rayonner à l’international, affirme Philippe Augé avant de conclure : Muse doit aussi servir à soutenir, par ces différents appels à projets, les initiatives portées par les autres communautés ».

Des critères de classement controversés

Publié chaque année depuis 2003 par l’Université Jiao Tong de Shanghai, le Global ranking of academy subject est un classement des principales universités mondiales proposé par les chercheurs de cette université chinoise. Depuis 2009, il existe également un classement thématique par discipline. Six critères sont retenus pour l’établir : le nombre de prix Nobel et de médailles Fields obtenus par les anciens élèves et les chercheurs, le nombre de chercheurs les plus cités dans leurs disciplines au cours des dix dernières années, le nombre d’articles publiés dans Nature et Science au cours des 5 dernières années, le nombre d’articles indexés dans Science Citation Index, et Social Sciences Citation Index et enfin la performance académique au regard de la taille de l’institution. Des critères régulièrement remis en cause comme présentant des biais les rendant plus favorables aux universités de grandes tailles anglo-saxonnes. La question de la pertinence de ces critères pour évaluer les sciences sociales est elle-aussi fréquemment soulevée.