Comment la technologie peut-elle améliorer nos conditions d’habitation ? Comment interagirons-nous avec le logement « intelligent » ? Quelles informations est-il possible et souhaitable de partager ? Quel cadre législatif futur pour ces données ? Porté par le CNRS, l’Université de Montpellier et l’Université Paul Valéry Montpellier 3, le projet HUman at home projecT (HUT) se penche sur ces questions grâce à un « appartement-observatoire » habité depuis le mois d’octobre 2018.

co-HUTeurs volontaires

A l’automne 2018, deux étudiants volontaires ont emménagé dans un « appartement-observatoire », terrain d’étude d’une soixantaine de chercheurs. Juristes, économistes, électroniciens, informaticiens, architectes, spécialistes des sciences du langage et du comportement, du marketing ou encore de la santé… les questions qu’ils se posent ne peuvent être explorées de manière pertinente qu’en étudiant un lieu de vie permanent. S’ils ne mettent pas les pieds sur place, les chercheurs exploitent les précieuses données produites par les « co-HUTeurs ».

Concrètement, des capteurs de pression au sol et des capteurs de mouvement dans certaines pièces servent à évaluer déplacements et gestes des occupants dans leur lieu de vie. Des informations qui peuvent intéresser à la fois des architectes (pour identifier d’éventuelles zones évitées par les habitants, et optimiser l’aménagement) et des professionnels de santé (les mouvements et postures pouvant être des marqueurs de bien-être ou de mal-être). Des capteurs de pollution, d’ouverture de placards ou de fenêtres, de consommation d’eau et d’électricité… permettent notamment d’imaginer de nouveaux services.
Des linguistes et des spécialistes de sciences cognitives étudient les interactions des occupants avec les systèmes dits « intelligents ». Des recherches menées sur les capteurs eux-mêmes visent par exemple à les rendre autonomes en énergie (récupération d’énergie dans l’environnement ou « energy harvesting »).

Les recherches portent aussi sur la gestion des données produites par les objets connectés – à la fois sur le plan technique (comment organiser ces « lacs de données ») et sur les plans éthique et juridique. Un comité d’éthique indépendant a d’ailleurs été mis en place afin de protéger la vie privée des « co-HUTeurs ». Il a pour rôle d’examiner tous les projets scientifiques, et peut à tout moment être saisi par les habitants et les chercheurs ou s’autosaisir.

Pour concevoir cet appartement, le consortium a bénéficié d’un plateau modulable à la Maison des sciences de l’Homme Sud. Pouvant être aménagé en différentes pièces d’un logement, il permet de réaliser des expériences à la journée en parallèle de l’expérience au long cours menée dans l’appartement-observatoire.
Les premiers occupants quitteront l’appartement à l’été 2019. Le logement sera alors « reformaté » en fonction des premiers résultats et des nouvelles pistes de recherche, avant d’être à nouveau proposé gratuitement à deux autres étudiants volontaires.

Deviens CoHUTeur et expérimente l’habitat connecté de demain !

Pour la rentrée 2019, deux étudiants volontaires pourront emménager dans un « appartement observatoire », terrain d’étude d’une soixantaine de chercheurs des universités de Montpellier qui
exploiteront les données produites par les « CoHUTeurs ». Le projet HUT c’est donc un appartement connecté, une colocation proposée gratuitement pour un an en échange d’une participation à un projet innovant.

A la croisée des disciplines

Ce projet de recherche réunit au sein d’un consortium une collectivité (Montpellier Méditerranée Métropole), sept entreprises (Delided, EDF, Nexity, Oceasoft, SensDigital, Synox, Weda) et une association de danse porteuse d’un projet de recherche-création artistique (« Comme ça »), aux côtés de la Maison des sciences de l’Homme Sud et de 12 laboratoires :

Il a bénéficié du soutien de la Maison des sciences de l’Homme Sud ainsi que du soutien financier de la Mission pour l’interdisciplinarité du CNRS et de Montpellier Méditerranée Métropole.