L’Université de Montpellier, en étroite collaboration avec ses partenaires de l’I-site MUSE, a décroché le 30 novembre, une enveloppe de 23,2 millions d’euros pour son projet ExposUM, lauréat de l’appel à projets « Excellences sous toutes ses formes » du programme d’investissements d’avenir (PIA4). Une somme doublée par la Région Occitanie qui amène ainsi à 46,4 millions d’euros sur huit ans, le financement de ce projet dédié à l’étude des facteurs externes et environnementaux capables d’affecter la santé humaine.

« Ce succès est une satisfaction à plus d’un titre, déclare Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier, c’est en premier lieu la reconnaissance du leadership de l’Université dans les sciences du vivant et de l’environnement. Un leadership que nous avons bâti avec nos partenaires autour des trois enjeux « nourrir soigner, protéger » et au carrefour desquels se situe ExposUM ».

Un projet fédérateur

ExposUm tel est le nom de cet ambitieux projet que l’Université et ses partenaires ont présenté dans le cadre de l’appel à projet « Excellences sous toutes ses formes ». Un nom choisi en référence directe au concept d’exposome désignant « l’ensemble des expositions à des facteurs externes et environnementaux (alimentation, pollution, agents infectieux, etc.) capables d’affecter la santé humaine, explique Eric Delaporte, professeur de maladies infectieuses et porteur du projet. C’est un thème extrêmement fédérateur à Montpellier qui va permettre de croiser un grand nombre de thématiques mais aussi de multiples disciplines telles que la cancérologie, la nutrition, l’écologie, la chimie, les sciences humaines… Et nous avons d’excellents centres de recherche pour le faire. »

Pour répondre à cet appel à projet, l’Université de Montpellier mais aussi le CNRS, l’IRD, l’Inrae, le CIRAD, l’Inserm, le CHU de Montpellier, l’Institut du cancer, l’Institut Agro, l’ENSCM, l’Ifremer ou encore l’Inria se sont mis autour de la table pour imaginer un projet au croisement des forces montpelliéraines. « Ce projet est le fruit d’un travail collectif visant à valoriser toutes les compétences dont nous disposons à Muse, poursuit Eric Delaporte. Pour François Pierrot, directeur de l’I-site Muse, ExposUM n’est rien de moins que la « clé de voute de l’édifice que nous construisons depuis 2017 : regrouper un grand nombre de communautés scientifiques autour des trois piliers que nous avons choisis. »

Un soutien fort de la région Occitanie

Sur les 35 dossiers de candidatures reçus par le ministère, seuls 15 ont été retenus dans le cadre de cette première vague de sélection. Si de grandes universités parisiennes se sont vues recalées, l’Université de Montpellier est, quant à elle, la seule lauréate d’Occitanie labellisée. « C’est un succès complémentaire qui s’ajoute aux 2,5 millions d’euros obtenus il y a 15 jours pour les pôles d’innovation. Ces succès viennent assoir la crédibilité de l’Université et de ses partenaires » souligne Philippe Augé.

Du côté du ministère, on précise : « les projets retenus sont tous censés avoir un impact sur leur territoire. » Une dimension locale largement mise en avant dans le projet montpelliérain auquel la Région a souhaité répondre en doublant la mise et en apportant à son tour une enveloppe 23,2 millions d’euros. Un engagement pris au nom de son pacte vert pour l’Occitanie comme l’a souligné la présidente Carole Delga : « Le travail de recherche collectif que va mener l’Université de Montpellier et ses partenaires sur l’impact des facteurs extérieurs et de notre environnement sur la santé est essentiel. Mieux comprendre ces phénomènes, c’est pouvoir mettre en place des politiques publiques plus adaptées et innovantes sur le territoire régional. C’est pourquoi j’ai voulu donner toutes les chances de réussite à ce projet par un fort soutien financier ».

En venant appuyer l’implantation et le développement d’entreprises, ExposUM devrait également être un atout de premier plan pour la métropole et le projet Med Vallée visant à faire de Montpellier un pôle de classe européenne en matière de santé, d’environnement, d’alimentation et de bien-être.

De nouvelles chaires d’excellence

Au total c’est ainsi plus de 46 millions d’euros sur 8 ans qui s’ajouteront à l’ensemble des moyens amenés par l’Université et ses onze partenaires. « C’est une somme importante et un signal fort pour Montpellier au niveau national, s’enthousiasme Eric Delaporte. Notre projet est extrêmement ambitieux et nous devons maintenant établir collectivement les orientations stratégiques précises des premières actions que nous voulons mettre en place. » Des projets de recherche vont bien sûr voir le jour grâce aux recrutements de jeunes chercheurs et chercheuses mais aussi de nouvelles chaires d’excellence « qui seront réellement au cœur d’ExposUM ».

Les plateformes technologiques de pointe permettant d’évaluer les risques, de mesurer les concentrations en polluants, de suivre leurs effets sur la santé vont être renforcées via le recrutement d’ingénieurs. Des moyens humains et financiers seront également apportés pour mieux valoriser les résultats de la recherche et les rendre directement utiles à la société. La formation ne sera bien sûr pas oubliée avec la création de nouveaux cycles de formation à Montpellier, mais aussi dans les zones où les risques émergents sont importants. « Avec ExposUM nous allons tout simplement écrire les prochains chapitres de la success story Muse » conclut Eric Delaporte.